J'ai souhaité regrouper ce que j'avais écrit à propos de la dernière campagne électorale présidentielle, dans mon journal et sur Facebook.

1 septembre 2016 :

Régulièrement évoquée, la démission du ministre de l'économie, Emmanuel Macron, a fini par arriver. Sa prochaine étape sera-t-elle l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 ? S'il se présente, la campagne sera bien plus passionnante que ce qui était annoncé.

 4 septembre 2016 : (Facebook)

 "Notre culture c’est notre langue, défendre notre langue française, c’est défendre la nation française. Notre culture, c’est la liberté d’expression. Ne laissons pas quelques esprits bornés ou radicalisés critiquer notre peinture, notre musique, notre expression, notre philosophie… Notre culture, elle a toujours défendu l’égalité entre les hommes et les femmes. Ne laissons pas une fois encore des esprits obscurcis rendre les femmes invisibles dans la société française. En France, les femmes sont visibles et elles n’ont pas vocation à être dissimulées."

Bruno Le Maire à la Baule.

C'est la citation exacte. Il n'a pas dit « nos femmes ».

3 octobre 2016 :

 Grâce au Pape François, la « théorie du genre », qui pourtant n'existe pas, refait son retour. Combattre quelque-chose qui n'existe pas ne cesse de m'étonner. En réalité non, je ne suis pas étonné, les gens qui emploient ce terme savent qu'il ne remplace pas correctement « études de genre » mais s’accommodent de cette approximation qui leur rend bien service. Utiliser une expression fourre-tout empêche de raisonner, d'argumenter sainement. C'est d'autant plus remarquable que la lutte contre le relativisme est aussi l'un des chevaux de bataille de ces personnes.

 8 octobre 2016 :

 Campagne présidentielle américaine : choix entre deux candidats détestés. Primaires françaises : après tout pourquoi moi je ne mériterais pas de me présenter à une présidentielle, donc je me présente aux primaires. Si F.Hollande se présente aux primaires de la gauche, il donnera un coup supplémentaire à sa fonction.

 9 novembre 2016 : (Facebook)

 Je ne comprends pas l'outrecuidance de ces Américains qui ont osé ne pas voter comme les Français le leur demandaient.

 11 novembre 2016 :

 Lorsque mes élèves m'ont demandé qui d'après moi allait gagner les élections aux États-Unis, j'ai répondu qu'il y avait de fortes chances que cela soit Trump. La victoire annoncée d'Hilary Clinton me semblait trop belle, trop unanime, pour devenir vraie. L'élection de Donald Trump a provoqué une sorte de psychodrame en France, peut-être même encore plus surjoué qu'aux États-Unis, comme si nous avions perdu par procuration. Le monde allait forcément s'écrouler. A la méconnaissance du peuple américain s'ajoute celle des institutions américaines. Les États-Unis ont un régime présidentiel, dans lequel le pouvoir est partagé entre le Président et le Congrès. Cela signifie que Trump ne pourra rien faire sans l'aval d'un Congrès certes républicain, mais républicain convenable pour entrer dans la vulgate à la mode. Autant le Brexit m'avait attristé, autant la défaite d'Hilary Clinton a plutôt tendance à me satisfaire. Marine Le Pen a été la première politique française à féliciter Trump, qu'elle rêve d'imiter. Mais je crois qu'elle se trompe. Le futur numéro 1 américain a certes récolté beaucoup de voix grâce à son discours anti-système mais il a aussi eu les voix des électeurs républicains habituels, certainement moins frileux que leurs dirigeants. Le parti républicain est l'un des deux partis qui dominent les États-Unis depuis toujours (ou presque, il faudrait vérifier), qui a fourni un grand nombre de présidents et de majorités au Congrès. Le Front national n'en est pas là.

 25 novembre 2016 (Facebook) :

 Un homme politique de droite qui a des idées de droite, c'est un peu comme un homme politique de gauche qui a des idées de gauche (je peux ajouter l'exemple du Pape, qui a des idées catholiques), je trouve cela plutôt sain.

 26 novembre 2016 :

 Primaire de la droite et du centre, nous saurons demain si François Fillon confirme son score du premier tour. J'étais content de sa large victoire dimanche dernier. Je trouve en effet sain que les hommes politiques de droite aient des idées de droite et que les hommes politiques de gauche aient des idées de gauche. C'est pour cette raison que j'apprécie aussi Jean-Luc Mélenchon. La candidature de François Hollande à sa propre succession semble prendre forme. S'il se présente, j'espère qu'il le fera directement, sans passer par une quelconque primaire. Participer à une primaire reviendra à porter un nouveau coup à la fonction présidentielle, déjà sérieusement abîmée par Sarkozy puis par Hollande. Le Président de la République doit ressembler à un Président de la République, il doit incarner la fonction. Claude Bartolone (c'est le Président de l'Assemblée nationale) a proposé aujourd'hui que Valls, Hollande et Macron se présentent à la primaire de la gauche. Cela me semble l'exemple type de la mauvaise idée : avec Hollande et Valls, les voix pour la gauche de gouvernement se partageront en deux. Déjà qu'il n'y en aura pas beaucoup. Macron, s'il a suffisamment de signatures, se présentera directement à l'élection présidentielle sans passer par la primaire. Sa candidature ajoutera une dose d'incertitude supplémentaire qui rendra peut-être cette élection passionnante.

 1 décembre 2016 :

 Le travail des enseignants ne se réduit pas à leur présence face aux élèves (message subliminal destiné à François Fillon). Ce dernier est d'ailleurs en passe de devenir un des hommes politiques les plus caricaturés de notre pays. Il voudrait supprimer la sécurité sociale, le code du travail et remplacer l'Union Européenne par la Russie. Cette phrase (avec un « veut » à la place de « voudrait » a réellement été prononcée par une députée socialiste. Comme on taxe Hollande de néolibéralisme ou d'ultra-libéralisme (faut oser), on a trouvé pour Fillon le terme « libéralisme radical », ou encore « droite radicale ». Il s'agit tout simplement d'un libéralisme et d'une droite. Alors que le dépôt des candidatures pour la primaire de la gauche commence aujourd'hui, les amis de François Hollande commencent à dire qu'il ne devrait pas être candidat à l'élection présidentielle sans passer par les primaires. C'est la position que je défends, afin de préserver la fonction présidentielle, déjà tombée bien bas.

 2 décembre 2016 :

 Hier soir, alors que j'avais déjà dormi deux heures avant le dîner, la fatigue d'un gros rhume, je me s couche à 20 heures. J'allume alors la radio pour entendre un présentateur annoncé le discours de François Hollande. Dix minutes de discours consacrés au bilan de son action, puis à sa décision : il ne sera pas candidat à sa succession. Ma surprise est totale puis j'écoute les réactions dans un demi-sommeil. Je me dis qu'il est dommage que je ne jette pas un coup d’œil sur les réseaux sociaux mais je n'ai ni l'envie, ni le courage de me lever. On peut justement parler de courage (la transition, c'est un métier) et de lucidité pour le Président. La lucidité lui permet de comprendre l'état de l'opinion et le courage d'en tirer la bonne conclusion. Lucidité ou courage qui ont d'ailleurs manqué à Nicolas Sarkozy et à Alain Juppé.

 2 décembre 2016 : (Facebook)

 Ma campagne pour que François Hollande ne participe pas aux primaires de la gauche est officiellement terminée.

 4 décembre 2016 :

 Manuel Valls va bientôt annoncer sa candidature aux primaires de la gauche. J'apprécie l'homme et pas mal de ses idées. Mais, comme pour beaucoup de professeurs, j'ai du mal avec les différentes réformes de l'enseignement. Je sais que les pédagogistes gangrènent l’Éducation nationale depuis des années et qu'ils sont bien accrochés. Je sais aussi que Fillon veut nous faire travailler davantage. Il n'en demeure pas moins que j'aimerais des réformes qui aillent un peu dans un autre sens, que l'on cesse de remplacer des heures de cours utiles par des gadgets inutiles. J'aimerais aussi que l'on arrête de nous faire porter toutes les difficultés de la société mais là je crois que je tombe dans une profonde utopie.