Propos insignifiants (II)

18 janvier 2015

Charlie

Sidération, l'impossible est arrivé. S'ajoutent ensuite la tristesse et l'accablement. Le silence prime sur les mots. Pendant quelques heures, ne pas s'exprimer est une obligation, celle de respecter la peine et la douleur.

Cette obligation est difficile. Les réseaux sociaux et autres flux d'informations continues sont devenues de véritables cafés du commerce qui poussent chacun à mêler sa voix à celle des autres.

Réagir à chaud conduit soit à jouer au « je vous l'avais bien dit », soit à oublier l'essentiel, soit à voir de l'islamophobie partout.

Le « je vous l'avais bien dit » est souvent accompagné du « padamalgame », raccourci caricaturant ceux qui, peut-être naïfs mais sans doute de bonne volonté, ne cessent de répéter que l'Islam, ce n'est pas cela.

Mais cette insistance devient vite lourde, comme si chaque Français, forcément mauvais, voyait un tueur derrière chaque musulman. On en oublie alors l'essentiel : des individus ont été massacrés, par des tueurs utilisant des armes de guerre, à cause de dessins, ou parce qu'ils étaient policiers, ou parce qu'ils étaient juifs, ou enfin parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

L'islamophobie existe sans doute, comme la cathophobie, mais il ne faut ni la voir partout, ni la mettre au même niveau que les massacres. Elle constitue une accusation - nous en sommes désormais certain - qui peut tuer.

Nous avons un ennemi, l'Islam radical. Nos soldats, qui tombent dans une indifférence souvent assourdissante, le savent.

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01 février 2014

Quelques jours en janvier 2014

Une nouvelle année commence, dans un enthousiasme que je trouve un peu factice. Les gens qui manifestent leur joie donnent l'impression de croire que le changement d'année va résoudre tous leurs problèmes, leur permettre d'atteindre tous leurs vœux, les rendre heureux, peut-être même. Il n'en sera rien. Ou alors, ils se réjouissent d'avoir franchi une nouvelle phase de leur existence dans un état pas encore trop déliquescent.

A propos de la mémoire et des souvenirs : « L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus ». J'ai noté le numéro de la page sur mon téléphone portable dans le train, pour ne pas l'oublier. Autre citation de ce très bon roman (« Une fille, qui danse ») de Julian Barnes : « Il me semble que cela peut être une des différences entre la jeunesse et la vieillesse : quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même ; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres ». Je ne dois pas être assez âgé pour partager la seconde partie de cette phrase. Je me demande plutôt si on ne s'invente pas différents passés pour soi-même.

Un extrait de la réponse du philosophe Jean-Claude Michéa à un dossier du Point (28 novembre 2013) le mettant en cause : « Faute de saisir cette dialectique permanente du libéralisme économique et du libéralisme culturel, le «néoconservateur à la française» (qu'il lise Valeurs actuelles ou écoute Eric Brunet) est donc semblable à ces adolescents qui sermonnent leur entourage sur la nécessité de préserver la planète mais qui laissent derrière eux toutes les lumières allumées (analyse qui vaut, bien sûr, pour tous ceux, à gauche, qui vénèrent le libéralisme culturel, tout en prétendant maudire ses fondements marchands). » Cette réponse publiée sous forme d'entretien, le 4 janvier 2004, confirme que le site Marianne.net est souvent de meilleure qualité que le magazine papier.

J'ai terminé hier soir la lecture d'  « Une fille, qui danse » de Julian Barnes. Le passé explose à la figure du narrateur et le laisse seul avec la vérité sur les conséquences d'une lettre rédigée quarante un plus tôt. Ce passé le poursuivra jusqu'à sa mort.

Dieudonné... L'interdiction de ses spectacles procure en moi un sentiment de malaise puisque sa principale conséquence est de le transformer en martyre de la liberté d'expression. Quant à l'intervention, réitérée et confirmée, de Manuel Valls, elle me semble plus lui faire de la publicité qu'autre chose. La justice n'est-elle pas là pour sanctionner ? A elle d'être implacable.

La quenelle constitue-t-elle un geste antisémite ? Oui lorsqu'elle est exécutée dans des lieux de mémoire ou des lieux évoquant la judéité ; non sans doute dans les autres cas. Elle ne justifie pas le renvoi d'élèves de leur lycée.

D'après un magazine people, le Président Hollande sortirait avec une actrice. Après la couverture du Nouvel Observateur qui confirme avec sa couverture (8 janvier 2014) consacrée à la haine qu'il n'est jamais en retard d'un amalgame, la presse semble toujours aussi rétive à l'idée de progresser.

La vie privée du Président vient concurrencer la quenelle. Avait-il besoin de proclamer pendant la campagne qu'il serait un président irréprochable ? Il sait pourtant que les journalistes sont à l’affût du moindre os à ronger. Dans quelle mesure un humoriste peut-il être antisémite ? Il ne faut pas se fier aux propos tenus pendant son spectacle puisqu'il prétend ainsi faire parler un personnage. En revanche, ses déclarations en dehors de la scène peuvent le démontrer. C'est le cas pour Dieudonné.

«Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler.» Une simple phrase et trois « je ». Était-ce vraiment indispensable de faire pire que Sarko ? J'avais un a priori favorable pour F.Hollande, a priori qui est en train de se transformer. Sans allusion sexuelle, cette rupture illustre l'erreur de tous ceux qui ont pris le Président pour un mou. Il sait ce qu'il veut et sait l'obtenir. Pouvait-il en être autrement pour un homme qui avait réussi à prendre la tête du Parti socialiste (c'est-à-dire sortir premier d'une sorte de panier de crabes) et qui avait tenu tête à un DSK (avant l'affaire) qui l'adjurait de renoncer à sa candidature à l'élection présidentielle ?

J'ai été abasourdi par les slogans antisémites entendus lors de la journée dite de la colère. En regardant la vidéo, j'avais l'impression de voir quelque chose qui ne pouvait exister, tout du moins en France.

La soit-disant théorie du genre affole certains parents, manipulés par des propagandistes qui ne voient en elle qu'une arme supplémentaire contre ce qu'ils appellent la dictature socialiste. Une machine à remonter le temps ne serait pas de trop pour montrer à certains la réalité du goulag. J'émettais un souhait semblable à l'encontre des apprentis résistants qui n'avaient de termes assez durs pour fustiger le fascisme de Sarko.

 

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27 juillet 2013

Couvertures...

Ranger mes magazines me permet de retrouver des numéros que j'avais mis de coté pour différentes raisons. Ainsi, un contraste m'avait frappé dans Le Nouvel Observateur du 30 août 2013 entre la couverture consacrée à « La Guerre des Dames » avec des extraits exclusifs d'un livre de Sylvain Courage, « L'ex », et l'éditorial de jean Daniel « D'une guerre à l'autre » traitant la guerre en Syrie. Le magazine à peine ouvert, les yeux du lecteur passent ainsi de la futilité à la tragédie. Toujours le Nouvel Observateur, sa couverture du 21 février 2013 portait sur « Le récit explosif de l'écrivain Marcella Iacub », «Mon histoire avec DSK ». Les initiales représentaient les plus gros caractères, en rouge pour qu'on soit certain de ne pas les louper. Nouvelle couverture sur le sujet le 7 mars, partagée en deux : dans la partie supérieure, en gros caractères rouges sur fond noir : DSK, Iacub et nous ; dans la partie inférieure, un extrait de la condamnation du magazine pour avoir porté atteinte à la vie privée de DSK. Entre les deux couvertures, Marcella Iacub avait perdu son prénom. La polémique permet par ailleurs au Nouvel Observateur de consacrer un dossier à lui-même.

http://desavy.canalblog.com/archives/2013/03/08/26599873.html

 

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18 février 2012

1979 année érotique

En 2011, Kim Wilde chante encore Cambodia en concert (vidéo sur TouTube). On peut voir des enregistrements de 2008, de 1994 ou encore de 1982. C’est beau et déprimant. Concerts de Blondie, un enregistrement de 1979 qui donne envie d’écrire « 1979 année érotique ». Cela aurait fait un très bon statut sur FB. Une expérience  : vous marchez dans la rue, vous savez que vous allez passer devant un bâtiment, vous passez devant ce bâtiment, vous êtes passé devant ce bâtiment (il m’a fallu trois essais pour enfin penser à l’accent circonflexe avant que le logiciel me le rappelle). Même si vous suivez le même chemin un peu plus tard, vous retrouverez le bâtiment à l’accent circonflexe mais ce ne sera plus jamais le même moment.

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09 février 2012

Renault au Maroc

Beaucoup d’indignation et de protestations suite à l’investissement de Renault au Maroc. Le groupe français inaugure en effet aujourd’hui une usine destinée à fabriquer des véhicules low-cost. « Low-cost », ça veut dire « bas de gamme » mais ça passe mieux. L’usine étant inaugurée aujourd’hui, on peut se dire qu’il était temps de s’indigner. Les voitures vendues à bas prix doivent avoir des coûts de production peu élevés. Les revenus en France sont trop hauts pour cela, ce qui est plutôt bien. Soit Renault renonce à les fabriquer, soit elle les produit dans un pays à plus bas revenus.

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08 février 2012

Indignation

Je n’arrive pas à être choqué par les propos de M. Guéant sur les civilisations qui « ne se valent pas ». J’ai l’indignation difficile. Il a prononcé ces paroles au cours d’une réunion organisée par un syndicat étudiant de droite. Si ces propos étaient si horribles que cela, pourquoi les médias les ont-ils repris jusqu’à plus soif ? Un peu comme ces enfants qui ont peur de la sorcière mais qui ne veulent surtout pas que lecteur saute la page dans laquelle elle est particulièrement terrifiante. Je suis en revanche choqué par le député apparenté socialiste qui a évoqué le nazisme à propos des paroles du Ministre de l’intérieur. Le nazisme a été une abomination sans précédent, l’utiliser sans vergogne pour des questions somme toute futiles ne peut que le banaliser, ne peut que faire oublier son atrocité. Je progresse peu : je défendais déjà cette position sur le forum EV il y a une dizaine d’années. Les civilisations ne se valent certes pas, mais je ne suis pas certain que la nôtre soit la meilleure.

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05 février 2012

La neige n'a pas tenu

Les Petits l’attendaient depuis plusieurs jours : ce matin, il neige, même si ce n’est que légèrement. Hier matin, le journaliste d’Europe 1 Dominique Souchier a annoncé sa démission en direct à la fin de son émission, sans en avoir parlé au préalable à sa direction. Celle-ci lui a interdit de recevoir des invités politiques le temps de la campagne présidentielle. Il n’a pas apprécié. L’intérêt de tout cela réside dans la circulation de l’information : il a été informé de l’interdiction par sms, il annonce sa démission à l’antenne, le PDG d’Europe 1 (Denis Olivennes) réagit sur Twitter, ainsi qu’un autre journaliste vedette Bruce Toussaint. Les médias traditionnels sont aussi utilisés mais seulement dans un deuxième temps. La neige n’a pas tenu.

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04 février 2012

La liberté malheureuse ?

Sur sa page de couverture, le Figaro Magazine (4 février 2012) pose une question essentielle : « Le net nous rend-il mégalo ? ». La question est précédée par « Génération moi.com ». Même Frédéric Beigbeder s’en prend à Facebook dans sa chronique littéraire, intitulée « la liberté malheureuse » et consacrée à « Enjoy », de Solange Bied-Chareton. Si les générations précédentes avaient disposé des outils leur permettant de s’afficher aux yeux de tous, elles n’auraient pas hésité. Aucun carcan moral n’aurait pu les en empêcher. Je pense de plus en plus que l’humain est resté le même. Seules les technologies changent, modifiant nos rapports avec l’espace et surtout avec le temps.     

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01 novembre 2011

Quelques jours en octobre 2011

Une nouvelle soirée très riche en conversations, en émotions et en souvenirs. Je n’ai pas vu les 4 heures passer. Lorsque je me suis approché du buffet, les plateaux étaient vides et empilés les uns sur les autres. J’ai alors bu un verre de jus d’orange en discutant avec une future jeune avocate. Par contraste me vient en mémoire un buffet, fort succulent, à la mairie où, ne connaissant personne, je n’ai pas arrêté de manger. J’aime bien savoir ce que mes anciens élèves sont devenus, quelles études ils ont poursuivies. J’aime bien savoir aussi qu’ils gardent de bons souvenirs de mes cours. Magie de l’internet, un ancien me dit de Hong Kong qu’il était avec nous par la pensée. Le plus difficile est de se partager, parler avec les uns, puis avec d’autres, et encore avec d’autres. Sur le chemin du retour, joie et tristesse se mêlaient. C’est peut-être cela la nostalgie.

J’ai écouté Gabriel Matzneff et Frédéric Beigbeder parler de littérature hier après-midi sur France Inter. Que le premier aime les romans du second ne cesse de m’étonner. Je suis moins surpris lorsqu’ils partagent de mêmes goûts littéraires. Beigbeder est d’ailleurs passionnant lorsqu’il évoque, à l’écrit ou oralement, les livres. J’ai appris hier que « ça balance à Paris » est diffusé en clair sur Paris Première, ce qui est peut-être le cas depuis longtemps, voire depuis les débuts de l’émission ! Eric Naulleau y fait du Eric Naulleau, rôle dans lequel il excelle. Jean-Michel Ribes, invité à la fois surprise et mystère, a pu dire au critique qui venait de descendre son spectacle tout le mal qu’il pensait de lui. Paris Première est la seule chaîne qui me fait regretter de ne pas disposer des chaînes de télévision payante, mais pas suffisamment pour que je change d’avis sur la question.

Les intellos des quartiers chics se gaussent de Sarko. Son crime : avoir prononcé le nom de Barthes (Roland) « Barthesse » comme s’il s’agissait d’un vulgaire footballeur. Qu’on le pende ! J’aurais moi aussi aimé revoir certains de mes professeurs, quelques années après. J'ai tout de même revu madame B, chez qui je faisais du baby-sitting lorsque j’étais étudiant. J’aurais aimé disposer d’un outil comme Facebook.  

Gaspard Proust en couverture de Télarama (1/10/2011) : « Il ne vous ratera pas ». C’est mon comique préféré du moment.

Steve Jobs était l’un des hommes les plus riches du monde, l’un des plus renommés aussi. La maladie n’en a eu cure, rien ne protège. L’Echo des Savanes (septembre-octobre 2011) illustre le rapprochement entre monde réel et monde virtuel avec des articles sur le boom du porno 3D (une vision numérique de la Belle et la Bête) et sur une star virtuelle japonaise, Miku Hatsune. Le Japon aussi dans La Quinzaine littéraire avec une très belle critique du dernier roman d’Haruki Murakami. A se lance dans l’écriture, elle écrit de petits poèmes.  

Promenade dans le bois hier, à la recherche de produits de l’automne, A se plaint de son frère qui lui aurait envoyé de l’eau, avant de s’apercevoir que ce sont les feuilles des arbres qui l’ont légèrement mouillée. M, avec un sourire : « Tu me traite d’arbre ». A : « Je ne peux pas te traiter d’arbre, tu n’as pas de racine. Et puis tu bouges ». Ségolène Royal a craqué hier soir, elle a fondu en larmes. Elle est redevenue humaine.

Ainsi, les primaires socialistes auraient constitué un succès… 2.5 millions de participants, sur environ 44 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Avec la tapage médiatique qui les a accompagnées, il aurait été difficile de faire moins. Mais lorsque je vois sur la couverture de Libération (11/10/2011) Arnaud Montebourg, fort de ses 17% de voix, déclarer qu’il a « sorti le PS du formol », je suis encore moins certain du succès annoncé. Martine Aubry a parlé de gauche molle à propos de François Hollande. Ce n’est pas bien de dénoncer ses petits camarades de jeux. La droite n’aura même pas à chercher d’arguments.

Elle approche, d’un mouvement qui semble inéluctable. L’idéologie des compétences, expérimentée en maternelle et en primaire, a fait son entrée au collège et décimera sans doute aussi le lycée. Une sorte d’alliance infernale entre les pédagogos et les libéraux qui est en train de transformer les professeurs en techniciens, remplaçant les relations inter-personnelles par des procédures. Un numéro « Spécial Etats-Unis » du magazine Lire (octobre 2011) avec Paul Auster, Philip Roth, Jonathan Franzen ou encore Laura Kasischke que l’on peut découvrir grâce à un long entretien. J’ai appris qu’une jeune fille, que je ne connais même pas, m’admire.   

Certains collègues regardent avec envie des lycées qui se sont proclamés « hors la loi » à propos de l’idéologie des compétences évoquée hier. De la même façon, des écoles refusent d’appliquer les réformes. Un professeur d’histoire m’a expliqué que l’on pouvait légitimement s’opposer à tout loi, que c’était un droit démocratique (je peux le comprendre) et qu’on le savait depuis Pétain. Je n’ai pas bondi mais ai juste répondu, sans la convaincre, que la question des compétences n’avait rien à voir avec les lois scélérates de Vichy. Si chacun choisit les lois qu’il va appliquer en fonction de ses valeurs ou de son propre intérêt, on peut se demander à quoi elles servent.

Le principal charme de l’internet est, paradoxe, de nous faire revenir en arrière. L’écoute de quelques titres de l’album Mode de Starshooter (1979) me fait replonger dans un passé forcément regretté, auréolé de ce vernis appelé nostalgie. Starshooter, groupe punk, avait fait réaliser une pochette « ludique et colorée » (Wikipedia) avec un slogan : « Cette année la jeunesse sera intelligente et sexy ! ». Les puristes n’ont pas aimé. C’est quelque chose que je n’ai jamais réussi ça, être puriste. Je n’ai pas dû essayer. 

Sortie surprise cet après-midi à l’occasion de la journée de la science. Nous sommes allés à l’université d’E et les Petits ont pu réaliser des expériences. Ils ont été curieux, intéressés, motivés et toujours volontaires pour participer. A a déclaré que c’est ce qu’elle voudra faire plus tard. Jean-Claude Michea en couverture de l’excellent « Causeur » (octobre 2011), avec comme titre « Pour en finir avec la Gauche le socialisme une idée neuve en Europe ».

Un nouveau paquet de copies va bientôt débarquer à la maison. Pour ce devoir sur table, je me suis inspiré du nouveau sujet, celui qui remplacera à partir du Bac 2013 le sujet de synthèse. Il est paru au Bulletin officiel au début du mois. Nouveau programme l’an prochain en terminale, nouvelle épreuve au Bac, il sera encore plus crucial d’avoir cet examen à la fin de cette année. Ainsi, la « gauche molle » l’a emporté sur la « gauche dure ». Près de 3 millions de votants pour ces « primaires citoyennes », les socialistes et le système médiatique s’accordent pour évoquer un succès, n’osant tout de même pas parler de triomphe. Sur 40 millions d’inscrits sur les listes électorales, le pourcentage de participants reste très faible. Mais j’ai entendu au moins un humoriste, grande conscience de l’humanité, déclarer que ce genre de calcul était de droite. En revanche, les journalistes ont donné le pourcentage de progression de la participation entre les deux tours. Il y a donc deux sortes de pourcentages, les pourcentages de gauche et les pourcentages de droite.

La France est sous la menace de la dégradation de la note de sa dette, prête à se soumettre à des agences de notation privées. Il n’est pas question de casser le thermomètre (encore que…) mais de remarquer que ce ne sont pas les marchés qui sont plus forts que l’Etat, mais l’Etat qui est moins fort que les marchés. A chaque reculade de l’un, les autres progressent. Pour limiter les dégâts, les députés s’échinent à trouver de nouvelles taxes selon le vieil adage que Sarko a fait sien : un problème, un impôt. D’où le surnom de Taxman pour un président qui n’était considéré comme libéral que par les plus naïfs.

Carla Bruni-Sarkozy a accouché, Kadhafi est mort, la zone euro risque d’exploser. En allant sur le site du Monde, après ma dernière heure de cours, j’avais l’impression qu’il s’était passé quelque chose, « Mouammar Kadhafi a été tué à Syrte ». Ce bébé sera peut-être la meilleure réussite de son papa. Une ancienne collègue est venue au lycée nous présenter son tout mignon bébé d’un mois. Elle est moins poursuivie par les journalistes que la femme du Président. Elle ne l’est même pas du tout.

On peut vouloir s’opposer à la volonté d’hégémonie de Google sur la mémoire de l’écrit, mais comment ne pas éprouver de plaisir à la lecture des numéros de Life sortis dans les années 30, 40 ou 50 (et même 60) véritables condensés des Etats-Unis d’alors et témoins de l’histoire ? Google met ainsi à la disposition des internautes des milliers d’heures de plongée dans l’histoire. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’omniprésence de la publicité. Dans l’absolu, je ne l’aime pas mais je dois reconnaître que la publicité est un excellent marqueur d’époque, un très bon moyen de connaître une époque à la fois proche et éloignée de la notre. Ma fille aînée a eu son permis et je pense avoir trouvé un nouveau motif d’inquiétude.

Une équipe malmenée et vilipendée par la presse française et surtout néo-zélandaise, une équipe moquée, une équipe condamnée à ne faire que de la figuration dans une finale perdue d’avance. Cette équipe, dont la seule incertitude la concernant était le nombre d’essais qui la submergerait, n’a perdu que d’un point une finale au cours de laquelle elle a souvent dominé ses adversaires. Un point, au rugby, c’est très peu… De tels retournements ne peuvent exister que dans les compétitions sportives et les Français se retrouvent dans la peau des Gallois le week-end dernier. Mais la finale est plus cruelle qu’une demi-finale.

Je me suis lancé dans une expédition ce matin : prendre la voiture et la nationale afin d’aller acheter des chaussures et un manteau. Des bottes légèrement fourrées, les premières essayées m’allaient. Puis d’autres chaussures, avec un peu de mal pour détacher le lien qui les retenait l’une à l’autre. Elles me tentent mais sont un peu grandes. J’ai de la chance, le même modèle avec une pointure au dessous n’attend que moi pour le faire sortir du magasin. La boite des bottes est trop grande pour le sac fourni par ce dernier. Je case les autres chaussures (sans boite) sous les bottes et je poursuis mon aventure en direction des manteaux. J’en trouve rapidement un à mon goût mais trop coûteux puis un autre plus abordable, que je prends. Je reprends la voiture dans le sens inverse pour aller manger un plat de pattes accompagné de la lecture de Libération et du Monde. J’ai aussi acheté The Good Life, « Le premier magazine masculin hybride ». Pourquoi ce gros magazine est-il hybride ? Parce qu’il contient des « news » et du « lifestyle ».

Une jolie couverture pour le Libération du jour (26 octobre 2011) : le titre « Carlton, un nouveau coup pour DSK » et, sur une moitié de la page, une photo montrant une femme nue se glissant dans la gueule grande ouverte d’un crocodile. Le texte en bas de la photo : « Cinéma L’exercice de l’Etat ou la perversité du pouvoir ». Ce choix de photo, tiré d’une des première scènes du nouveau film de Pierre Schoeller « L’exercice de l’Etat », n’est certainement pas innocent.

L’un des signes de gloire de notre époque est de se faire tirer le portrait en dernière page de Libération. Aujourd’hui, 27 octobre 2011, le portrait réalisé est celui de Tristane Banon, qui « s’extirpe difficilement d’une affaire plombante ». Un petit passage par la littérature : « Elle vénère Angot, Beigbeder, Nicolas Rey, et aussi Sagan, McInerney, Auster, mais s’ennuie quand ils parlent d’autre chose que d’eux-mêmes ». Je la comprends même si je n’en suis pas là. Le magazine économique Challenges (27 octobre 2011 lui aussi) nous propose avec « Le Livre de Jobs » un titre très biblique, d’autant plus que le o de Jobs est remplacé par une pomme.

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26 octobre 2011

Quelques jours en août 2011

Hier, nous avons passé presque toute la journée dans la voiture pour remonter vers notre nord. Il y a une quinzaine de jours, en sens inverse, même durée. Comme les enfants ont grandi, les pauses sont devenues plus courtes, heureusement ! Lors d’une de celles-ci, j’ai eu la bonne surprise de découvrir la couverture de Libération (16 août 2011) consacré à l’écrivain américain Jonathan Franzen, couverture accompagnée de quelques pages. C’est un très bon choix, surtout dans une période estivale assez chargée en actualités. Il est d’ailleurs faux de penser qu’il se passe moins de choses en été. Par exemple, je suis allé voir jouer les WASPS à Agen.

Passage rapide à la FNAC ce matin avec comme objectif l’acquisition du dernier roman d’Amélie Nothomb, « Tuer le père ». Je trouve d’ailleurs ce titre dangereux. Je suis aussi revenu avec Freedom, volumineux roman de Jonathan Franzen. Contraste, j’ai souvent écrit que je trouvais les livres d’Amélie Nothomb beaucoup trop courts. Une belle photo d’Amy Winehouse en couverture du numéro de Rock and Folk (septembre 2011). Dans ce numéro, la mort du rock’n’roll est annoncée deux fois, une fois par Alan McGee et une autre fois dans un article sur les Rolling Stones. Le sous titre de cet article raisonne tristement : « Vieillir est la grande épreuve qui attend tout rocker ».

Eric Naulleau tire à vue sur Amélie Nothomb dans sa première chronique de Paris Match (18 août 2011). S’en prendre à une personne célèbre constitue une excellente façon de faire parler de soi, de susciter un buzz pour reprendre un terme à la mode. Je lui donne d’ailleurs raison en l’évoquant. J’ai lu les 50 premières pages de « Tuer le père » qui me laissent une impression mitigée. Comme beaucoup, je suis fidèle mais nostalgique des premiers Nothomb. 

Je viens de terminer « Tuer le père » qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je vais me replonger dans « L’enfant des ténèbres » d’Anne-Marie Garat, que je savais ne pas avoir abandonné pour longtemps.

Un bref séjour près de N nous a permis de terminer nos vacances d’été même s’il reste encore quelques jours avant la reprise. J’ai réussi à identifier « Tuer le père » : c’est une nouvelle. Du coup, une nouvelle assez longue… Comme chaque année à la même époque, je suis heureux de reprendre mais je ne m’imagine pas encore en professeur. Cela viendra vite !

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