1979 année érotique
En 2011, Kim Wilde chante encore Cambodia en concert (vidéo sur TouTube). On peut voir des enregistrements de 2008, de 1994 ou encore de 1982. C’est beau et déprimant. Concerts de Blondie, un enregistrement de 1979 qui donne envie d’écrire « 1979 année érotique ». Cela aurait fait un très bon statut sur FB. Une expérience : vous marchez dans la rue, vous savez que vous allez passer devant un bâtiment, vous passez devant ce bâtiment, vous êtes passé devant ce bâtiment (il m’a fallu trois essais pour enfin penser à l’accent circonflexe avant que le logiciel me le rappelle). Même si vous suivez le même chemin un peu plus tard, vous retrouverez le bâtiment à l’accent circonflexe mais ce ne sera plus jamais le même moment.
Renault au Maroc
Beaucoup d’indignation et de protestations suite à l’investissement de Renault au Maroc. Le groupe français inaugure en effet aujourd’hui une usine destinée à fabriquer des véhicules low-cost. « Low-cost », ça veut dire « bas de gamme » mais ça passe mieux. L’usine étant inaugurée aujourd’hui, on peut se dire qu’il était temps de s’indigner. Les voitures vendues à bas prix doivent avoir des coûts de production peu élevés. Les revenus en France sont trop hauts pour cela, ce qui est plutôt bien. Soit Renault renonce à les fabriquer, soit elle les produit dans un pays à plus bas revenus.
Indignation
Je n’arrive pas à être choqué par les propos de M. Guéant sur les civilisations qui « ne se valent pas ». J’ai l’indignation difficile. Il a prononcé ces paroles au cours d’une réunion organisée par un syndicat étudiant de droite. Si ces propos étaient si horribles que cela, pourquoi les médias les ont-ils repris jusqu’à plus soif ? Un peu comme ces enfants qui ont peur de la sorcière mais qui ne veulent surtout pas que lecteur saute la page dans laquelle elle est particulièrement terrifiante. Je suis en revanche choqué par le député apparenté socialiste qui a évoqué le nazisme à propos des paroles du Ministre de l’intérieur. Le nazisme a été une abomination sans précédent, l’utiliser sans vergogne pour des questions somme toute futiles ne peut que le banaliser, ne peut que faire oublier son atrocité. Je progresse peu : je défendais déjà cette position sur le forum EV il y a une dizaine d’années. Les civilisations ne se valent certes pas, mais je ne suis pas certain que la nôtre soit la meilleure.
La neige n'a pas tenu
Les Petits l’attendaient depuis plusieurs jours : ce matin, il neige, même si ce n’est que légèrement. Hier matin, le journaliste d’Europe 1 Dominique Souchier a annoncé sa démission en direct à la fin de son émission, sans en avoir parlé au préalable à sa direction. Celle-ci lui a interdit de recevoir des invités politiques le temps de la campagne présidentielle. Il n’a pas apprécié. L’intérêt de tout cela réside dans la circulation de l’information : il a été informé de l’interdiction par sms, il annonce sa démission à l’antenne, le PDG d’Europe 1 (Denis Olivennes) réagit sur Twitter, ainsi qu’un autre journaliste vedette Bruce Toussaint. Les médias traditionnels sont aussi utilisés mais seulement dans un deuxième temps. La neige n’a pas tenu.
La liberté malheureuse ?
Sur sa page de couverture, le Figaro Magazine (4 février 2012) pose une question essentielle : « Le net nous rend-il mégalo ? ». La question est précédée par « Génération moi.com ». Même Frédéric Beigbeder s’en prend à Facebook dans sa chronique littéraire, intitulée « la liberté malheureuse » et consacrée à « Enjoy », de Solange Bied-Chareton. Si les générations précédentes avaient disposé des outils leur permettant de s’afficher aux yeux de tous, elles n’auraient pas hésité. Aucun carcan moral n’aurait pu les en empêcher. Je pense de plus en plus que l’humain est resté le même. Seules les technologies changent, modifiant nos rapports avec l’espace et surtout avec le temps.
Quelques jours en octobre 2011
Une nouvelle soirée très riche en conversations, en émotions et en souvenirs. Je n’ai pas vu les 4 heures passer. Lorsque je me suis approché du buffet, les plateaux étaient vides et empilés les uns sur les autres. J’ai alors bu un verre de jus d’orange en discutant avec une future jeune avocate. Par contraste me vient en mémoire un buffet, fort succulent, à la mairie où, ne connaissant personne, je n’ai pas arrêté de manger. J’aime bien savoir ce que mes anciens élèves sont devenus, quelles études ils ont poursuivies. J’aime bien savoir aussi qu’ils gardent de bons souvenirs de mes cours. Magie de l’internet, un ancien me dit de Hong Kong qu’il était avec nous par la pensée. Le plus difficile est de se partager, parler avec les uns, puis avec d’autres, et encore avec d’autres. Sur le chemin du retour, joie et tristesse se mêlaient. C’est peut-être cela la nostalgie.
J’ai écouté Gabriel Matzneff et Frédéric Beigbeder parler de littérature hier après-midi sur France Inter. Que le premier aime les romans du second ne cesse de m’étonner. Je suis moins surpris lorsqu’ils partagent de mêmes goûts littéraires. Beigbeder est d’ailleurs passionnant lorsqu’il évoque, à l’écrit ou oralement, les livres. J’ai appris hier que « ça balance à Paris » est diffusé en clair sur Paris Première, ce qui est peut-être le cas depuis longtemps, voire depuis les débuts de l’émission ! Eric Naulleau y fait du Eric Naulleau, rôle dans lequel il excelle. Jean-Michel Ribes, invité à la fois surprise et mystère, a pu dire au critique qui venait de descendre son spectacle tout le mal qu’il pensait de lui. Paris Première est la seule chaîne qui me fait regretter de ne pas disposer des chaînes de télévision payante, mais pas suffisamment pour que je change d’avis sur la question.
Les intellos des quartiers chics se gaussent de Sarko. Son crime : avoir prononcé le nom de Barthes (Roland) « Barthesse » comme s’il s’agissait d’un vulgaire footballeur. Qu’on le pende ! J’aurais moi aussi aimé revoir certains de mes professeurs, quelques années après. J'ai tout de même revu madame B, chez qui je faisais du baby-sitting lorsque j’étais étudiant. J’aurais aimé disposer d’un outil comme Facebook.
Gaspard Proust en couverture de Télarama (1/10/2011) : « Il ne vous ratera pas ». C’est mon comique préféré du moment.
Steve Jobs était l’un des hommes les plus riches du monde, l’un des plus renommés aussi. La maladie n’en a eu cure, rien ne protège. L’Echo des Savanes (septembre-octobre 2011) illustre le rapprochement entre monde réel et monde virtuel avec des articles sur le boom du porno 3D (une vision numérique de la Belle et la Bête) et sur une star virtuelle japonaise, Miku Hatsune. Le Japon aussi dans La Quinzaine littéraire avec une très belle critique du dernier roman d’Haruki Murakami. A se lance dans l’écriture, elle écrit de petits poèmes.
Promenade dans le bois hier, à la recherche de produits de l’automne, A se plaint de son frère qui lui aurait envoyé de l’eau, avant de s’apercevoir que ce sont les feuilles des arbres qui l’ont légèrement mouillée. M, avec un sourire : « Tu me traite d’arbre ». A : « Je ne peux pas te traiter d’arbre, tu n’as pas de racine. Et puis tu bouges ». Ségolène Royal a craqué hier soir, elle a fondu en larmes. Elle est redevenue humaine.
Ainsi, les primaires socialistes auraient constitué un succès… 2.5 millions de participants, sur environ 44 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales. Avec la tapage médiatique qui les a accompagnées, il aurait été difficile de faire moins. Mais lorsque je vois sur la couverture de Libération (11/10/2011) Arnaud Montebourg, fort de ses 17% de voix, déclarer qu’il a « sorti le PS du formol », je suis encore moins certain du succès annoncé. Martine Aubry a parlé de gauche molle à propos de François Hollande. Ce n’est pas bien de dénoncer ses petits camarades de jeux. La droite n’aura même pas à chercher d’arguments.
Elle approche, d’un mouvement qui semble inéluctable. L’idéologie des compétences, expérimentée en maternelle et en primaire, a fait son entrée au collège et décimera sans doute aussi le lycée. Une sorte d’alliance infernale entre les pédagogos et les libéraux qui est en train de transformer les professeurs en techniciens, remplaçant les relations inter-personnelles par des procédures. Un numéro « Spécial Etats-Unis » du magazine Lire (octobre 2011) avec Paul Auster, Philip Roth, Jonathan Franzen ou encore Laura Kasischke que l’on peut découvrir grâce à un long entretien. J’ai appris qu’une jeune fille, que je ne connais même pas, m’admire.
Certains collègues regardent avec envie des lycées qui se sont proclamés « hors la loi » à propos de l’idéologie des compétences évoquée hier. De la même façon, des écoles refusent d’appliquer les réformes. Un professeur d’histoire m’a expliqué que l’on pouvait légitimement s’opposer à tout loi, que c’était un droit démocratique (je peux le comprendre) et qu’on le savait depuis Pétain. Je n’ai pas bondi mais ai juste répondu, sans la convaincre, que la question des compétences n’avait rien à voir avec les lois scélérates de Vichy. Si chacun choisit les lois qu’il va appliquer en fonction de ses valeurs ou de son propre intérêt, on peut se demander à quoi elles servent.
Le principal charme de l’internet est, paradoxe, de nous faire revenir en arrière. L’écoute de quelques titres de l’album Mode de Starshooter (1979) me fait replonger dans un passé forcément regretté, auréolé de ce vernis appelé nostalgie. Starshooter, groupe punk, avait fait réaliser une pochette « ludique et colorée » (Wikipedia) avec un slogan : « Cette année la jeunesse sera intelligente et sexy ! ». Les puristes n’ont pas aimé. C’est quelque chose que je n’ai jamais réussi ça, être puriste. Je n’ai pas dû essayer.
Sortie surprise cet après-midi à l’occasion de la journée de la science. Nous sommes allés à l’université d’E et les Petits ont pu réaliser des expériences. Ils ont été curieux, intéressés, motivés et toujours volontaires pour participer. A a déclaré que c’est ce qu’elle voudra faire plus tard. Jean-Claude Michea en couverture de l’excellent « Causeur » (octobre 2011), avec comme titre « Pour en finir avec la Gauche le socialisme une idée neuve en Europe ».
Un nouveau paquet de copies va bientôt débarquer à la maison. Pour ce devoir sur table, je me suis inspiré du nouveau sujet, celui qui remplacera à partir du Bac 2013 le sujet de synthèse. Il est paru au Bulletin officiel au début du mois. Nouveau programme l’an prochain en terminale, nouvelle épreuve au Bac, il sera encore plus crucial d’avoir cet examen à la fin de cette année. Ainsi, la « gauche molle » l’a emporté sur la « gauche dure ». Près de 3 millions de votants pour ces « primaires citoyennes », les socialistes et le système médiatique s’accordent pour évoquer un succès, n’osant tout de même pas parler de triomphe. Sur 40 millions d’inscrits sur les listes électorales, le pourcentage de participants reste très faible. Mais j’ai entendu au moins un humoriste, grande conscience de l’humanité, déclarer que ce genre de calcul était de droite. En revanche, les journalistes ont donné le pourcentage de progression de la participation entre les deux tours. Il y a donc deux sortes de pourcentages, les pourcentages de gauche et les pourcentages de droite.
La France est sous la menace de la dégradation de la note de sa dette, prête à se soumettre à des agences de notation privées. Il n’est pas question de casser le thermomètre (encore que…) mais de remarquer que ce ne sont pas les marchés qui sont plus forts que l’Etat, mais l’Etat qui est moins fort que les marchés. A chaque reculade de l’un, les autres progressent. Pour limiter les dégâts, les députés s’échinent à trouver de nouvelles taxes selon le vieil adage que Sarko a fait sien : un problème, un impôt. D’où le surnom de Taxman pour un président qui n’était considéré comme libéral que par les plus naïfs.
Carla Bruni-Sarkozy a accouché, Kadhafi est mort, la zone euro risque d’exploser. En allant sur le site du Monde, après ma dernière heure de cours, j’avais l’impression qu’il s’était passé quelque chose, « Mouammar Kadhafi a été tué à Syrte ». Ce bébé sera peut-être la meilleure réussite de son papa. Une ancienne collègue est venue au lycée nous présenter son tout mignon bébé d’un mois. Elle est moins poursuivie par les journalistes que la femme du Président. Elle ne l’est même pas du tout.
On peut vouloir s’opposer à la volonté d’hégémonie de Google sur la mémoire de l’écrit, mais comment ne pas éprouver de plaisir à la lecture des numéros de Life sortis dans les années 30, 40 ou 50 (et même 60) véritables condensés des Etats-Unis d’alors et témoins de l’histoire ? Google met ainsi à la disposition des internautes des milliers d’heures de plongée dans l’histoire. Ce qui m’a le plus marqué, c’est l’omniprésence de la publicité. Dans l’absolu, je ne l’aime pas mais je dois reconnaître que la publicité est un excellent marqueur d’époque, un très bon moyen de connaître une époque à la fois proche et éloignée de la notre. Ma fille aînée a eu son permis et je pense avoir trouvé un nouveau motif d’inquiétude.
Une équipe malmenée et vilipendée par la presse française et surtout néo-zélandaise, une équipe moquée, une équipe condamnée à ne faire que de la figuration dans une finale perdue d’avance. Cette équipe, dont la seule incertitude la concernant était le nombre d’essais qui la submergerait, n’a perdu que d’un point une finale au cours de laquelle elle a souvent dominé ses adversaires. Un point, au rugby, c’est très peu… De tels retournements ne peuvent exister que dans les compétitions sportives et les Français se retrouvent dans la peau des Gallois le week-end dernier. Mais la finale est plus cruelle qu’une demi-finale.
Je me suis lancé dans une expédition ce matin : prendre la voiture et la nationale afin d’aller acheter des chaussures et un manteau. Des bottes légèrement fourrées, les premières essayées m’allaient. Puis d’autres chaussures, avec un peu de mal pour détacher le lien qui les retenait l’une à l’autre. Elles me tentent mais sont un peu grandes. J’ai de la chance, le même modèle avec une pointure au dessous n’attend que moi pour le faire sortir du magasin. La boite des bottes est trop grande pour le sac fourni par ce dernier. Je case les autres chaussures (sans boite) sous les bottes et je poursuis mon aventure en direction des manteaux. J’en trouve rapidement un à mon goût mais trop coûteux puis un autre plus abordable, que je prends. Je reprends la voiture dans le sens inverse pour aller manger un plat de pattes accompagné de la lecture de Libération et du Monde. J’ai aussi acheté The Good Life, « Le premier magazine masculin hybride ». Pourquoi ce gros magazine est-il hybride ? Parce qu’il contient des « news » et du « lifestyle ».
Une jolie couverture pour le Libération du jour (26 octobre 2011) : le titre « Carlton, un nouveau coup pour DSK » et, sur une moitié de la page, une photo montrant une femme nue se glissant dans la gueule grande ouverte d’un crocodile. Le texte en bas de la photo : « Cinéma L’exercice de l’Etat ou la perversité du pouvoir ». Ce choix de photo, tiré d’une des première scènes du nouveau film de Pierre Schoeller « L’exercice de l’Etat », n’est certainement pas innocent.
L’un des signes de gloire de notre époque est de se faire tirer le portrait en dernière page de Libération. Aujourd’hui, 27 octobre 2011, le portrait réalisé est celui de Tristane Banon, qui « s’extirpe difficilement d’une affaire plombante ». Un petit passage par la littérature : « Elle vénère Angot, Beigbeder, Nicolas Rey, et aussi Sagan, McInerney, Auster, mais s’ennuie quand ils parlent d’autre chose que d’eux-mêmes ». Je la comprends même si je n’en suis pas là. Le magazine économique Challenges (27 octobre 2011 lui aussi) nous propose avec « Le Livre de Jobs » un titre très biblique, d’autant plus que le o de Jobs est remplacé par une pomme.
Quelques jours en août 2011
Hier, nous avons passé presque toute la journée dans la voiture pour remonter vers notre nord. Il y a une quinzaine de jours, en sens inverse, même durée. Comme les enfants ont grandi, les pauses sont devenues plus courtes, heureusement ! Lors d’une de celles-ci, j’ai eu la bonne surprise de découvrir la couverture de Libération (16 août 2011) consacré à l’écrivain américain Jonathan Franzen, couverture accompagnée de quelques pages. C’est un très bon choix, surtout dans une période estivale assez chargée en actualités. Il est d’ailleurs faux de penser qu’il se passe moins de choses en été. Par exemple, je suis allé voir jouer les WASPS à Agen.
Passage rapide à la FNAC ce matin avec comme objectif l’acquisition du dernier roman d’Amélie Nothomb, « Tuer le père ». Je trouve d’ailleurs ce titre dangereux. Je suis aussi revenu avec Freedom, volumineux roman de Jonathan Franzen. Contraste, j’ai souvent écrit que je trouvais les livres d’Amélie Nothomb beaucoup trop courts. Une belle photo d’Amy Winehouse en couverture du numéro de Rock and Folk (septembre 2011). Dans ce numéro, la mort du rock’n’roll est annoncée deux fois, une fois par Alan McGee et une autre fois dans un article sur les Rolling Stones. Le sous titre de cet article raisonne tristement : « Vieillir est la grande épreuve qui attend tout rocker ».
Eric Naulleau tire à vue sur Amélie Nothomb dans sa première chronique de Paris Match (18 août 2011). S’en prendre à une personne célèbre constitue une excellente façon de faire parler de soi, de susciter un buzz pour reprendre un terme à la mode. Je lui donne d’ailleurs raison en l’évoquant. J’ai lu les 50 premières pages de « Tuer le père » qui me laissent une impression mitigée. Comme beaucoup, je suis fidèle mais nostalgique des premiers Nothomb.
Je viens de terminer « Tuer le père » qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. Je vais me replonger dans « L’enfant des ténèbres » d’Anne-Marie Garat, que je savais ne pas avoir abandonné pour longtemps.
Un bref séjour près de N nous a permis de terminer nos vacances d’été même s’il reste encore quelques jours avant la reprise. J’ai réussi à identifier « Tuer le père » : c’est une nouvelle. Du coup, une nouvelle assez longue… Comme chaque année à la même époque, je suis heureux de reprendre mais je ne m’imagine pas encore en professeur. Cela viendra vite !
Quelques jours en septembre 2011
J’ai relu les pages d’un petit carnet écrites à Malte dans le début des années 80. J’ai encore en tête des images qui correspondent à ces très courts textes. J’écris qu’un événement, que je trouve maintenant d’une banalité certaine, pourrait faire l’objet d’un roman. L’écriture d’un roman est bien une idée qui me poursuit depuis longtemps.
J’ai mis quelques mois à m’apercevoir que mon smartphone est capable de réaliser de très beaux films. Il m’avait fallu aussi du temps pour l’adopter comme appareil photo. Je suis un garçon simple pour qui un téléphone sert avant tout à téléphoner. C’est un très bel objet que j’ai encore un peu de mal à appréhender. L’enregistrement sur un fichier est aussi très agréable par rapport aux cassettes qu’il faut visionner sur l’ordinateur pour les transformer en fichiers. Le Journal du Dimanche de ce 4 septembre 2011, après avoir dévoilé en juin la maladie cérébrale de Liliane Bettencourt, confirme le peu de cas qu’il accorde à la vie privée en titrant sur « La vraie maladie de Jacques Chirac ».
Un pas de plus vers le demi-siècle : j’ai un demi-siècle moins un an depuis hier. Je me suis laissé dire que 50 ans constitue un bel âge par rapport à 60. Je suis disposé à tout croire ! Le très grand nombre de souhaits transmis par l’intermédiaire de Facebook, sans oublier ceux du forum de JI, m’a donné le sourire. S’il n’y avait qu’une seule raison d’aimer ce réseau social, ce serait celle-là.
Dans une chronique du Figaro littéraire (8 septembre 2011) consacrée au « Clèves » de Marie Darrieussecq, Yann Moix traite André Gide de beauf. Un compte à régler ? En revanche, Moix est plus dans le vrai lorsqu’il écrit à propos du titre choisi par l’écrivain : « un clin d’œil avisé qui a chaussé ses gros sabots ».
Je me suis aperçu que, depuis un temps indéterminé, notre ordinateur portable n’est plus connecté à la box par le fil ethernet mais par la wifi.
Pour la première fois, à ma connaissance, un homme avoue avoir transporté des mallettes remplies de billets de banque, entre l’Afrique et l’Europe. Le quotidien Libération (14 septembre 2011) en profite pour titrer sur « Les agents troubles de Sarkozy ». Le Président, qui a bien œuvré pour la désacralisation de sa charge, en aura au moins conservé une des habitudes, pas forcément la plus glorieuse. Les détenteurs du pouvoir semblent avoir une certaine fascination pour les mauvais garçons. Un peu comme ces petites jeunes filles, discrètes et mignonnes, fières de s’afficher au bras du bad boy de la classe.
Britney Spears est en couverture du Figaro littéraire (15 septembre 2011) qui titre sur « La saison des romans pop ». Explication : « Les stars inspirent les écrivains de la rentrée ». Je suis ravi, je n’ai plus besoin de trouver des prétextes pour égayer mon blog de jolies photos affriolantes. Une rentrée littéraire sans roman de Michel Houellebecq provoque la sensation d’un manque. Le magazine Technikart y remédie en consacrant quatre pages aux « vacances de Monsieur Houellebecq » et nous informe de la sortie du livre « En Patagonie avec Michel Houellebecq ». C’est un livre sérieux puisqu’il est publié par CNRS Editions. Dans une interview, le traducteur brésilien de Houellebecq explique que l’écrivain « se reconnaît » dans les pingouins : « Ils ont l’air maladroit mais se débrouillent très bien. Ils sont un peu repliés sur eux-mêmes, mais ils sont touchants. Michel Houellebecq semble parfois très fragile et les gens ont envie de le caresser. Mais il est capable de survivre dans le froid glacial de la nature. Un écrivain, comme un pingouin, marche à petits pas à la recherche des sensations de la vie ».
Je suis un mauvais citoyen : je n’ai regardé à la télévision ni le premier débat des 6 candidats aux primaires du parti socialiste, ni l’interview de DSK au journal de 20 heures avant-hier soir. Les millions de téléspectateurs qui ont suivi le show de l’ancien président du FMI espéraient-ils une sorte de retournement comme seules la littérature et les séries télévisées en ont le secret ? L’UMP est devenue complètement barge (c’est le seul qualificatif qui m’a semblé adapté) : le parti présidentiel propose, dans un projet de programme pour les prochaines élections présidentielles, un serment d’allégeance aux armes.
Polo rouge hier pour célébrer la grève, à défaut de la soutenir. D’après une de mes proches, jeune cinquantenaire, ce demi-siècle est d’autant plus difficile à supporter qu’il s’accompagne de nombreux courriers appelant au dépistage de maladies sans doute plus graves les unes que les autres.
Quelques jours en juin 2010
Le magazine des Livres retourne à ses anciennes amours, les journaux d’écrivains. Lorsqu’on a sous la main un connaisseur comme Raphaël Juldé, on aurait tort de se priver. Le plaisir aussi de retrouver la plume de l’ami Cormary, qui termine son article en évoquant Gilda, la « frémissante héroïne » des Carnets noirs de Gabriel Matzneff.
Pour paraphraser un livre d’Annie Kriegel, Israël est une nouvelle fois forcément coupable. Une nouvelle fois aussi, il se trouve une Elisabeth Lévy, prise à partie par le vertueux Roland Dumas hier soir à la télévision, pour ne pas hurler avec les loups.
L’équipe de France de football a démontré hier que la notion de fond n’a guère de sens en perdant contre une équipe réserve de la Chine. A moins qu’il ne s’agisse d’une stratégie qui consiste à cacher son jeu pour que les futurs adversaires ne se méfient pas. On ne les imagine en effet pas d’une extrême inquiétude.
J’ai regardé cet après-midi une partie de la finale de Roland-Garros, ravi de la victoire de Nadal. A la radio, quelqu’un parlait tout à l’heure des joueurs français. C’est vrai qu’ils existent.
On dit des enfants qu’ils ne peuvent comprendre la mort. Si cela est vrai, les adultes ne la comprennent pas davantage. Mais je ne suis pas d’accord : les enfants comprennent que la mort, c’est avant tout l’absence.
Une nouvelle génération d’élèves quitte le lycée. Certains d’entre eux ont passé 7 années de leur existence dans notre vénérable maison. Nostalgie, tristesse même pour quelques-uns… Eux partent, nous restons. Je n’arrive pas à échapper à cette impression. Les élèves nous quittent comme s’ils étaient uniques, pour venir s’ajouter aux générations précédentes.
J’aime bien Christine Boutin et je n’aime pas hurler avec les loups. Mais j’aurais préféré que Sarko me donnât la mission sur la mondialisation plutôt que de l’attribuer à une dame qui me semble assez néophyte sur la question. Ou alors, le Président privilégie le côté candide de la dame.
Hier, Libération (8 juin 2010) a lancé la campagne pour la réélection de Sarko (encore lui !) en s’attaquant à celui qui a le plus de chances de le battre : « DSK est-il de gauche ? ». Question essentielle, en ce mois de juin, qui garnit la première page du quotidien bobo. Aujourd’hui, Libération confirme son sens de l’essentiel en titrant : « Facebook n’est plus mon ami ».
Conseils de classe pour les élèves de terminale aujourd’hui. Mais pour beaucoup, l’événement de la journée était l’annonce des fameuses admissions post-bac. Nos meilleures élèves ont, en ES, obtenu ce qu’ils souhaitaient, souvent de bonnes, ou de très bonnes, formations. Ces résultats constituent une reconnaissance de nos moyennes et de nos appréciations par l’enseignement supérieur.
Télérama (9 juin 2010) titre sur le foot (avec un tableau de Nicolas de Staël en couverture) mais le lecteur peut se précipiter sur une chronique qui compare Noam Chomsky à Lady Gaga et sur un entretien avec le toujours intéressant Michel Aglietta, économiste de son état.
En pleine coupe du monde de football, les médias ont joué la comédie du suspens à propos de la réforme des retraites, annoncée ce matin. Je m’étonne que l’on s’étonne qu’un gouvernement de droite mène une politique de droite. Cela me semble même plutôt sain. On annonce l’arrivée des vuvuzelas dans les prochaines manifestations. Ensuite, ces doux instruments prendront le chemin des banlieues.
Le nouveau roman de Michel Houellebecq est annoncé pour le 8 septembre. On en aura fini avec le foot, on se préoccupera à nouveau des choses sérieuses.
Je regrette d’ailleurs de m’être gentiment moqué sur Facebook des piètres performances de nos footballeurs, ce qui est d’un commun… La vraie originalité serait de prendre leur défense, de façon aussi soudaine que radicale. Mais qui a dit que je cherchais à être original ? J’ai un illustre partenaire de chambrage , puisque Beckenbauer, le Kaiser Franz en personne, a déclaré que les Français avaient donné l’impression de jouer un match de préparation, reprenant sans vergogne mon analyse. N’aurait-il pas été plus simple et plus efficace de prévenir notre équipe que le Mondial avait commencé ?
Eric Zemmour dans le Figaro Magazine du 19 juin 2010 : « Le PCF d’aujourd’hui court après toutes les luttes de sans-papiers, d’antiracistes et de féministes, tous ces mouvements nés dans les années 1970 et qui ont détruit la classe ouvrière et réduit à néant sa combativité face au capitalisme mondialisé ». C’est au contraire l’affaiblissement de la classe ouvrière (si on raisonne en termes de classe) qui a permis l’émergence des nouveaux mouvements sociaux.
J'aime ces voyages dans le temps
J’ai terminé Carnets Noirs 2007-2008 de Gabriel Matzneff. Il s’agit du dernier tome de son journal. Dernier parce qu’il a été publié l’année dernière (je ne me suis pas jeté dessus pour mieux le savourer) et aussi parce que Matzneff a arrêté de prendre les notes qui faisaient la substance de son journal. Ses arguments sont recevables : une œuvre doit avoir un commencement et une fin, il ne veut pas se présenter à la postérité comme amoindri et il a encore plusieurs années de son journal à publier. Il n’en demeure pas moins que ses fervents lecteurs ne peuvent que regretter sa terrible décision. Matzneff a existé avant son journal et existe après, mais n’est-il pas comme amputé sans ses carnets noirs ?
Je j’aime pas terminer un gros livre, dont j’ai partagé la vie quelques semaines. Peu de pages avant sa fin, je suis tenté d’en ralentir la lecture. Je ressens une absence lorsque je l’ai fini. Même s’il est agréable de relire, le plaisir de la première lecture reste unique. Quittant Matzneff à la fin de l’année 2008, je le retrouve dans Un Galop d’enfer, son journal des années 1977 et 1978. J’aime ces voyages dans le temps.
L’Obervateur du 4 mars 2010 (il s’agit en réalité du Nouvel Observateur mais retirer « Nouvel » montre une certaine accointance avec le milieu) apporte des précisions sur le prix Françoise Sagan. Il récompensera « le plus beau roman du printemps ». On peut légitimement se demander comment nous avons fait jusqu’à présent pour vivre sans. Comme l’idée de cumul n’est plus conforme à la doxa, l’auteur récompensé n’aura jamais reçu de prix avant celui-là.
