Propos insignifiants (II)

19 juillet 2017

Propos de campagne (2)

22 janvier 2017 :

Vendredi, j'ai regardé à la télévision l'investiture de Trump. J'ai aimé voir cette Amérique attachée à ses traditions et croyant à ses valeurs. J'ai aimé aussi la dignité d'Obama, pendant un moment forcément difficile. Je n'ai pas peur de Trump (j'aurais peut-être eu d'avantage peur de l'esprit de croisade pour le Bien d'Hillary Clinton) pour la simple raison que la constitution américaine ne laisse pas beaucoup de pouvoirs au Président. Je n'irai pas voter aux primaires de la gauche, pas plus que ne suis allé me prononcer pour les primaires précédentes, écologistes ou de droite. Je n'apprécie pas cette imitation de la vie politique américaine. En toute logique, Valls devrait se retrouver au second tour contre Montebourg ou Hamon, droite du PS contre gauche du PS pour simplifier. Et c'est la gauche du PS qui gagnera cette primaire. La gauche d'opposition est en effet plus sexie que la gauche de gouvernement. D'après les journalistes, Fillon connaîtrait un coup de mou depuis sa victoire aux primaires de la droite car il fait moins parler de lui. Voici le raisonnement des journalistes : nous parlons moins de Fillon nous journalistes, donc nous en concluons, nous journalistes, qu'il connaît des problèmes sous prétexte que nous parlons moins de lui.

23 janvier 2017 :

Les électeurs de gauche se sont comportés comme je le pressentais hier en écrivant que la primaire sera gagnée par la gauche du PS. Hamon devrait en effet l'emporter sur Valls, la gauche utopiste sur la gauche gouvernementale. Lors de l'élection présidentielle, presque rien ne différenciera Hamon et Mélenchon, ce qui fera le bonheur de Macron. Jamais une élection présidentielle n'aura été si indécise, si passionnante peut-être même.

 24 janvier 2017 :

Un parti socialiste incapable de compter les participants à la primaire qu'il organise, creusant ainsi un peu plus le trou dans lequel il s'enfonce. Je pense plus à de l'incompétence qu'à une tricherie, ce qui n'est pas glorieux mais plus moral. Je pense que Manuel Valls sait qu'il va perdre. Peut-être même qu'il en a conscience depuis même avant sa candidature. Il joue le jeu, on pourrait même dire qu'il se sacrifie. Il le fait parce qu'il pense qu'il doit le faire, et puis aussi pour se poser dans le futur.

 28 janvier 2017 :

 La primaire de la gauche (second tour demain) a été éclipsée par ce qu'il est convenu d'appeler le Pénélope Gate : François Fillon a fait travailler sa femme comme assistante parlementaire. La justice vérifie s'il ne s'agit pas d'un emploi fictif. A mon avis, la loi a été respectée mais cette affaire est désastreuse pour l'ancien Premier ministre qui avait fait de la probité son principal cheval de bataille. La journée de demain sera très certainement l'une des plus difficiles vécue par Manuel Valls. Il sera loyal dans sa défaite et soutiendra Benoît Hamon. Mais rien n'empêchera beaucoup de socialistes de faire le choix inverse et de rejoindre Emmanuel Macron. Ils penseront même que ce n'est que justice face à l'un des chefs de file des frondeurs.

31 janvier 2017 :

Le Canard Enchaîné fournit des précisions sur les sommes touchées par Pénélope Fillon et ses enfants comme conseillers parlementaires (plus un emploi à la Revue des deux mondes). L'effet est de plus en plus désastreux. J'aimais bien le côté rigoureux et réfléchi de François Fillon dont j'avais apprécié la victoire à la primaire de la droite. Je n'aime pas la vertu dégoulinante de moraline qui conduit à se transformer en meute mais ce qu'il a fait n'est pas bien, que ce soit légal ou non. Je n'aime pas non plus le côté « flic » de cette presse dont l'essentiel de l'investigation consiste à recevoir des fichiers informatiques. Certains commentateurs ont simulé la surprise après la large victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche (ou alors ils ne connaissent pas leur métier). Les réactions de beaucoup de « réformateurs » du parti socialiste (la gauche gouvernementale pour simplifier) étaient également prévisibles : ils ne vont pas soutenir ceux qui n'ont eu de cesse de leur planter des couteaux dans le dos. Une sorte de retour de bâton…

1 février 2017 :

François Fillon dénonce « un coup d’État institutionnel » venu de la gauche. Pour reprendre le propos d'un de mes contacts Facebook, quel serait l'intérêt de la gauche de se passer d'un candidat comme Fillon dont les idées économiques très libérales forment un excellent repoussoir ? Le timing également pose question. Il aurait été plus efficace de dévoiler les informations pendant la primaire de la droite ou alors, encore mieux, juste avant le premier tour de l'élection présidentielle. La droite n'aurait eu alors pas le temps de remplacer Fillon. C'est d'ailleurs principalement pour cette raison que je n'ai jamais cru à un quelconque complot contre DSK. Il aurait été beaucoup plus efficace de le faire tomber juste avant l'élection présidentielle.

5 février 2017 :

Les réseaux sociaux fourmillent de bruissement de complots au sujet de François Fillon, que les médias auraient voulu abattre. Dans notre société sécularisée, Dieu a été remplacé par les médias. On ne comprend pas quelque-chose, on a la flemme de chercher une explication, on veut défendre l'indéfendable, quoi de plus simple que de désigner les médias, à la fois deux es machina et bouc émissaire ? Il faudrait déjà distinguer les différents médias : la presse écrite, la radio, la télévision (avec le cas particulier des chaînes d'informations continues) ou encore internet (avec là aussi un cas particulier, celui des réseaux sociaux). La presse écrite nationale n'a plus aucun pouvoir (la presse régionale en a peut-être davantage), contrairement à la radio et à la télévision, de par le nombre de personnes touchées et la force de l'image pour cette dernière. Ce que répète sans arrêt les chaînes de télévisions et les stations de radios finit pat convaincre beaucoup de monde. Mais peut-on pour autant parler de complot ?

6 février 2017 :

En réalité, qu'il y ait eu emplois fictifs ou détournement d'argent public, je m'en fiche. En revanche, je trouve passionnants ces parcours humains : Hollande qui renonce, Valls qui se sacrifie, Juppé qui se voit au sommet pendant 2 ans avant de tout perdre en un week-end, Juppé encore qui entrevoit la possibilité du sommet malgré sa défaite, et surtout Fillon qui, en tant que vainqueur de la primaire de la droite, était certain de se retrouver au second tour de la présidentielle, donc Président, et qui va annoncer ce qui sera peut-être la décision la plus difficile à prendre de toute son existence : poursuivre ou se retirer. J'ai écrit ces lignes avant la conférence de presse de François Fillon, qui a donc décidé de poursuivre.

13 février 2017 :

Seconde semaine des vacances, je tourne un peu au ralenti. Affaire Fillon, émeutes… La lecture des commentaires montre que chacun est dans son rôle, même moi en affirmant que chacun est dans son rôle. Pour chaque événement, il est possible de prévoir qui dira quoi. Un peu comme dans ces réunions de famille où le vieil oncle de droite rabâchera les même sempiternels arguments, imité en cela par le vieil oncle de gauche, dans une même symétrie qui aurait pu devenir touchante au fil des années si elle n'avait pas fini par épuiser le reste de la famille.

23 février 2017 :

Hier après-midi, alors que presque tout le monde pensait qu'il allait se présenter une nouvelle fois à l'élection présidentielle, François Bayrou a proposé une alliance à Emmanuel Macron. Beaucoup de commentaires (hommes politiques, journalistes, réseaux sociaux) ont un certain côté consternant : toute parole ou tout acte politique obéit forcément pour eux à des motifs de basse stratégie, des motifs inavouables. Pour eux, le monde politique est forcément petit, comme s'ils l'étaient eux-mêmes. Je suis certain que voir le mal partout est très fatigant.

27 février 2017 : (Facebook)

"Deux voitures se lancent l'une vers l'autre, prêtes à se rentrer dedans. Chaque joueur peut dévier et éviter la catastrophe (coopération) ou garder le cap au risque de la collision (défection)."

Wikipedia, à propos du jeu de la Poule mouillée.

On imagine bien Hamon et Mélenchon au volant des voitures, aucun ne voulant céder.

1 mars 2017 : (Facebook)

Si Valls avait gagné la primaire de la gauche, beaucoup de socialistes auraient voté pour Mélenchon. Comme Hamon a gagné, beaucoup de socialistes vont voter pour Macron. Les gens de droite qui ont voté à la primaire de la gauche pour éliminer Valls ont rendu un immense service à Macron. Ceux qui se sont réjouis de l'élimination de Valls ont en réalité applaudi l'ascension de Macron.

1 mars 2017 : (Facebook)

Je sais, ce n'est pas bien, ce n'est pas très moral, mais j'aime bien cette façon se se maintenir, envers et contre beaucoup.

1 mars 2017 : (Facebook)

C'est une impression ou on n'a jamais eu une campagne électorale aussi passionnante ?

2 mars 2017 :

Un peu comme Hollande avait fait dépendre sa candidature à un second mandat d'un retournement de la courbe du chômage, Fillon avait eu l'imprudence de dire qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle s'il était mis en examen. Il a annoncé hier dans une conférence de presse à la fois qu'il allait être mis en examen mais qu'il maintenait quand-même sa candidature. Son côté « j'ai raison contre tout le monde » me plait. Il a supporté Sarkozy pendant 5 ans, refusant même de démissionner quand le Président voulait le remplacer par Jean-Louis Borloo, il ne va tout de même pas céder à la pression de certains juges et de nombreux médias. Cette campagne électorale continue à être passionnante : Nous avons une grande incertitude, l'intervention de la justice, un Président qui a renoncé, des personnes certaines d'être élues qui ne le seront pas (ou qui le seront), un candidat en marche venu de (presque) nulle part, un frondeur qui découvre le boomerang... et tout ça en même temps.

2 mars 2017 : (Facebook)

J'ai une idée de statut non consensuel : François Fillon a raison de continuer. Il n'y a pas d'acharnement contre lui.

2 mars 2017 (Facebook) :

Les soeurs Hadid n'en finissent pas de marcher. Elles vont finir par rejoindre Macron.

2 mars (Facebook) :

Toute cette droite courageuse qui déserte, c'est aussi drôle que le boomerang frondeur.

 

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18 juillet 2017

Propos de campagne (1)

J'ai souhaité regrouper ce que j'avais écrit à propos de la dernière campagne électorale présidentielle, dans mon journal et sur Facebook.

1 septembre 2016 :

Régulièrement évoquée, la démission du ministre de l'économie, Emmanuel Macron, a fini par arriver. Sa prochaine étape sera-t-elle l'annonce de sa candidature à l'élection présidentielle de 2017 ? S'il se présente, la campagne sera bien plus passionnante que ce qui était annoncé.

 4 septembre 2016 : (Facebook)

 "Notre culture c’est notre langue, défendre notre langue française, c’est défendre la nation française. Notre culture, c’est la liberté d’expression. Ne laissons pas quelques esprits bornés ou radicalisés critiquer notre peinture, notre musique, notre expression, notre philosophie… Notre culture, elle a toujours défendu l’égalité entre les hommes et les femmes. Ne laissons pas une fois encore des esprits obscurcis rendre les femmes invisibles dans la société française. En France, les femmes sont visibles et elles n’ont pas vocation à être dissimulées."

Bruno Le Maire à la Baule.

C'est la citation exacte. Il n'a pas dit « nos femmes ».

3 octobre 2016 :

 Grâce au Pape François, la « théorie du genre », qui pourtant n'existe pas, refait son retour. Combattre quelque-chose qui n'existe pas ne cesse de m'étonner. En réalité non, je ne suis pas étonné, les gens qui emploient ce terme savent qu'il ne remplace pas correctement « études de genre » mais s’accommodent de cette approximation qui leur rend bien service. Utiliser une expression fourre-tout empêche de raisonner, d'argumenter sainement. C'est d'autant plus remarquable que la lutte contre le relativisme est aussi l'un des chevaux de bataille de ces personnes.

 8 octobre 2016 :

 Campagne présidentielle américaine : choix entre deux candidats détestés. Primaires françaises : après tout pourquoi moi je ne mériterais pas de me présenter à une présidentielle, donc je me présente aux primaires. Si F.Hollande se présente aux primaires de la gauche, il donnera un coup supplémentaire à sa fonction.

 9 novembre 2016 : (Facebook)

 Je ne comprends pas l'outrecuidance de ces Américains qui ont osé ne pas voter comme les Français le leur demandaient.

 11 novembre 2016 :

 Lorsque mes élèves m'ont demandé qui d'après moi allait gagner les élections aux États-Unis, j'ai répondu qu'il y avait de fortes chances que cela soit Trump. La victoire annoncée d'Hilary Clinton me semblait trop belle, trop unanime, pour devenir vraie. L'élection de Donald Trump a provoqué une sorte de psychodrame en France, peut-être même encore plus surjoué qu'aux États-Unis, comme si nous avions perdu par procuration. Le monde allait forcément s'écrouler. A la méconnaissance du peuple américain s'ajoute celle des institutions américaines. Les États-Unis ont un régime présidentiel, dans lequel le pouvoir est partagé entre le Président et le Congrès. Cela signifie que Trump ne pourra rien faire sans l'aval d'un Congrès certes républicain, mais républicain convenable pour entrer dans la vulgate à la mode. Autant le Brexit m'avait attristé, autant la défaite d'Hilary Clinton a plutôt tendance à me satisfaire. Marine Le Pen a été la première politique française à féliciter Trump, qu'elle rêve d'imiter. Mais je crois qu'elle se trompe. Le futur numéro 1 américain a certes récolté beaucoup de voix grâce à son discours anti-système mais il a aussi eu les voix des électeurs républicains habituels, certainement moins frileux que leurs dirigeants. Le parti républicain est l'un des deux partis qui dominent les États-Unis depuis toujours (ou presque, il faudrait vérifier), qui a fourni un grand nombre de présidents et de majorités au Congrès. Le Front national n'en est pas là.

 25 novembre 2016 (Facebook) :

 Un homme politique de droite qui a des idées de droite, c'est un peu comme un homme politique de gauche qui a des idées de gauche (je peux ajouter l'exemple du Pape, qui a des idées catholiques), je trouve cela plutôt sain.

 26 novembre 2016 :

 Primaire de la droite et du centre, nous saurons demain si François Fillon confirme son score du premier tour. J'étais content de sa large victoire dimanche dernier. Je trouve en effet sain que les hommes politiques de droite aient des idées de droite et que les hommes politiques de gauche aient des idées de gauche. C'est pour cette raison que j'apprécie aussi Jean-Luc Mélenchon. La candidature de François Hollande à sa propre succession semble prendre forme. S'il se présente, j'espère qu'il le fera directement, sans passer par une quelconque primaire. Participer à une primaire reviendra à porter un nouveau coup à la fonction présidentielle, déjà sérieusement abîmée par Sarkozy puis par Hollande. Le Président de la République doit ressembler à un Président de la République, il doit incarner la fonction. Claude Bartolone (c'est le Président de l'Assemblée nationale) a proposé aujourd'hui que Valls, Hollande et Macron se présentent à la primaire de la gauche. Cela me semble l'exemple type de la mauvaise idée : avec Hollande et Valls, les voix pour la gauche de gouvernement se partageront en deux. Déjà qu'il n'y en aura pas beaucoup. Macron, s'il a suffisamment de signatures, se présentera directement à l'élection présidentielle sans passer par la primaire. Sa candidature ajoutera une dose d'incertitude supplémentaire qui rendra peut-être cette élection passionnante.

 1 décembre 2016 :

 Le travail des enseignants ne se réduit pas à leur présence face aux élèves (message subliminal destiné à François Fillon). Ce dernier est d'ailleurs en passe de devenir un des hommes politiques les plus caricaturés de notre pays. Il voudrait supprimer la sécurité sociale, le code du travail et remplacer l'Union Européenne par la Russie. Cette phrase (avec un « veut » à la place de « voudrait » a réellement été prononcée par une députée socialiste. Comme on taxe Hollande de néolibéralisme ou d'ultra-libéralisme (faut oser), on a trouvé pour Fillon le terme « libéralisme radical », ou encore « droite radicale ». Il s'agit tout simplement d'un libéralisme et d'une droite. Alors que le dépôt des candidatures pour la primaire de la gauche commence aujourd'hui, les amis de François Hollande commencent à dire qu'il ne devrait pas être candidat à l'élection présidentielle sans passer par les primaires. C'est la position que je défends, afin de préserver la fonction présidentielle, déjà tombée bien bas.

 2 décembre 2016 :

 Hier soir, alors que j'avais déjà dormi deux heures avant le dîner, la fatigue d'un gros rhume, je me s couche à 20 heures. J'allume alors la radio pour entendre un présentateur annoncé le discours de François Hollande. Dix minutes de discours consacrés au bilan de son action, puis à sa décision : il ne sera pas candidat à sa succession. Ma surprise est totale puis j'écoute les réactions dans un demi-sommeil. Je me dis qu'il est dommage que je ne jette pas un coup d’œil sur les réseaux sociaux mais je n'ai ni l'envie, ni le courage de me lever. On peut justement parler de courage (la transition, c'est un métier) et de lucidité pour le Président. La lucidité lui permet de comprendre l'état de l'opinion et le courage d'en tirer la bonne conclusion. Lucidité ou courage qui ont d'ailleurs manqué à Nicolas Sarkozy et à Alain Juppé.

 2 décembre 2016 : (Facebook)

 Ma campagne pour que François Hollande ne participe pas aux primaires de la gauche est officiellement terminée.

 4 décembre 2016 :

 Manuel Valls va bientôt annoncer sa candidature aux primaires de la gauche. J'apprécie l'homme et pas mal de ses idées. Mais, comme pour beaucoup de professeurs, j'ai du mal avec les différentes réformes de l'enseignement. Je sais que les pédagogistes gangrènent l’Éducation nationale depuis des années et qu'ils sont bien accrochés. Je sais aussi que Fillon veut nous faire travailler davantage. Il n'en demeure pas moins que j'aimerais des réformes qui aillent un peu dans un autre sens, que l'on cesse de remplacer des heures de cours utiles par des gadgets inutiles. J'aimerais aussi que l'on arrête de nous faire porter toutes les difficultés de la société mais là je crois que je tombe dans une profonde utopie.

18 janvier 2015

Charlie

Sidération, l'impossible est arrivé. S'ajoutent ensuite la tristesse et l'accablement. Le silence prime sur les mots. Pendant quelques heures, ne pas s'exprimer est une obligation, celle de respecter la peine et la douleur.

Cette obligation est difficile. Les réseaux sociaux et autres flux d'informations continues sont devenues de véritables cafés du commerce qui poussent chacun à mêler sa voix à celle des autres.

Réagir à chaud conduit soit à jouer au « je vous l'avais bien dit », soit à oublier l'essentiel, soit à voir de l'islamophobie partout.

Le « je vous l'avais bien dit » est souvent accompagné du « padamalgame », raccourci caricaturant ceux qui, peut-être naïfs mais sans doute de bonne volonté, ne cessent de répéter que l'Islam, ce n'est pas cela.

Mais cette insistance devient vite lourde, comme si chaque Français, forcément mauvais, voyait un tueur derrière chaque musulman. On en oublie alors l'essentiel : des individus ont été massacrés, par des tueurs utilisant des armes de guerre, à cause de dessins, ou parce qu'ils étaient policiers, ou parce qu'ils étaient juifs, ou enfin parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

L'islamophobie existe sans doute, comme la cathophobie, mais il ne faut ni la voir partout, ni la mettre au même niveau que les massacres. Elle constitue une accusation - nous en sommes désormais certain - qui peut tuer.

Nous avons un ennemi, l'Islam radical. Nos soldats, qui tombent dans une indifférence souvent assourdissante, le savent.

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01 février 2014

Quelques jours en janvier 2014

Une nouvelle année commence, dans un enthousiasme que je trouve un peu factice. Les gens qui manifestent leur joie donnent l'impression de croire que le changement d'année va résoudre tous leurs problèmes, leur permettre d'atteindre tous leurs vœux, les rendre heureux, peut-être même. Il n'en sera rien. Ou alors, ils se réjouissent d'avoir franchi une nouvelle phase de leur existence dans un état pas encore trop déliquescent.

A propos de la mémoire et des souvenirs : « L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus ». J'ai noté le numéro de la page sur mon téléphone portable dans le train, pour ne pas l'oublier. Autre citation de ce très bon roman (« Une fille, qui danse ») de Julian Barnes : « Il me semble que cela peut être une des différences entre la jeunesse et la vieillesse : quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même ; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres ». Je ne dois pas être assez âgé pour partager la seconde partie de cette phrase. Je me demande plutôt si on ne s'invente pas différents passés pour soi-même.

Un extrait de la réponse du philosophe Jean-Claude Michéa à un dossier du Point (28 novembre 2013) le mettant en cause : « Faute de saisir cette dialectique permanente du libéralisme économique et du libéralisme culturel, le «néoconservateur à la française» (qu'il lise Valeurs actuelles ou écoute Eric Brunet) est donc semblable à ces adolescents qui sermonnent leur entourage sur la nécessité de préserver la planète mais qui laissent derrière eux toutes les lumières allumées (analyse qui vaut, bien sûr, pour tous ceux, à gauche, qui vénèrent le libéralisme culturel, tout en prétendant maudire ses fondements marchands). » Cette réponse publiée sous forme d'entretien, le 4 janvier 2004, confirme que le site Marianne.net est souvent de meilleure qualité que le magazine papier.

J'ai terminé hier soir la lecture d'  « Une fille, qui danse » de Julian Barnes. Le passé explose à la figure du narrateur et le laisse seul avec la vérité sur les conséquences d'une lettre rédigée quarante un plus tôt. Ce passé le poursuivra jusqu'à sa mort.

Dieudonné... L'interdiction de ses spectacles procure en moi un sentiment de malaise puisque sa principale conséquence est de le transformer en martyre de la liberté d'expression. Quant à l'intervention, réitérée et confirmée, de Manuel Valls, elle me semble plus lui faire de la publicité qu'autre chose. La justice n'est-elle pas là pour sanctionner ? A elle d'être implacable.

La quenelle constitue-t-elle un geste antisémite ? Oui lorsqu'elle est exécutée dans des lieux de mémoire ou des lieux évoquant la judéité ; non sans doute dans les autres cas. Elle ne justifie pas le renvoi d'élèves de leur lycée.

D'après un magazine people, le Président Hollande sortirait avec une actrice. Après la couverture du Nouvel Observateur qui confirme avec sa couverture (8 janvier 2014) consacrée à la haine qu'il n'est jamais en retard d'un amalgame, la presse semble toujours aussi rétive à l'idée de progresser.

La vie privée du Président vient concurrencer la quenelle. Avait-il besoin de proclamer pendant la campagne qu'il serait un président irréprochable ? Il sait pourtant que les journalistes sont à l’affût du moindre os à ronger. Dans quelle mesure un humoriste peut-il être antisémite ? Il ne faut pas se fier aux propos tenus pendant son spectacle puisqu'il prétend ainsi faire parler un personnage. En revanche, ses déclarations en dehors de la scène peuvent le démontrer. C'est le cas pour Dieudonné.

«Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler.» Une simple phrase et trois « je ». Était-ce vraiment indispensable de faire pire que Sarko ? J'avais un a priori favorable pour F.Hollande, a priori qui est en train de se transformer. Sans allusion sexuelle, cette rupture illustre l'erreur de tous ceux qui ont pris le Président pour un mou. Il sait ce qu'il veut et sait l'obtenir. Pouvait-il en être autrement pour un homme qui avait réussi à prendre la tête du Parti socialiste (c'est-à-dire sortir premier d'une sorte de panier de crabes) et qui avait tenu tête à un DSK (avant l'affaire) qui l'adjurait de renoncer à sa candidature à l'élection présidentielle ?

J'ai été abasourdi par les slogans antisémites entendus lors de la journée dite de la colère. En regardant la vidéo, j'avais l'impression de voir quelque chose qui ne pouvait exister, tout du moins en France.

La soit-disant théorie du genre affole certains parents, manipulés par des propagandistes qui ne voient en elle qu'une arme supplémentaire contre ce qu'ils appellent la dictature socialiste. Une machine à remonter le temps ne serait pas de trop pour montrer à certains la réalité du goulag. J'émettais un souhait semblable à l'encontre des apprentis résistants qui n'avaient de termes assez durs pour fustiger le fascisme de Sarko.

 

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27 juillet 2013

Couvertures...

Ranger mes magazines me permet de retrouver des numéros que j'avais mis de coté pour différentes raisons. Ainsi, un contraste m'avait frappé dans Le Nouvel Observateur du 30 août 2013 entre la couverture consacrée à « La Guerre des Dames » avec des extraits exclusifs d'un livre de Sylvain Courage, « L'ex », et l'éditorial de jean Daniel « D'une guerre à l'autre » traitant la guerre en Syrie. Le magazine à peine ouvert, les yeux du lecteur passent ainsi de la futilité à la tragédie. Toujours le Nouvel Observateur, sa couverture du 21 février 2013 portait sur « Le récit explosif de l'écrivain Marcella Iacub », «Mon histoire avec DSK ». Les initiales représentaient les plus gros caractères, en rouge pour qu'on soit certain de ne pas les louper. Nouvelle couverture sur le sujet le 7 mars, partagée en deux : dans la partie supérieure, en gros caractères rouges sur fond noir : DSK, Iacub et nous ; dans la partie inférieure, un extrait de la condamnation du magazine pour avoir porté atteinte à la vie privée de DSK. Entre les deux couvertures, Marcella Iacub avait perdu son prénom. La polémique permet par ailleurs au Nouvel Observateur de consacrer un dossier à lui-même.

http://desavy.canalblog.com/archives/2013/03/08/26599873.html

 

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18 février 2012

1979 année érotique

En 2011, Kim Wilde chante encore Cambodia en concert (vidéo sur TouTube). On peut voir des enregistrements de 2008, de 1994 ou encore de 1982. C’est beau et déprimant. Concerts de Blondie, un enregistrement de 1979 qui donne envie d’écrire « 1979 année érotique ». Cela aurait fait un très bon statut sur FB. Une expérience  : vous marchez dans la rue, vous savez que vous allez passer devant un bâtiment, vous passez devant ce bâtiment, vous êtes passé devant ce bâtiment (il m’a fallu trois essais pour enfin penser à l’accent circonflexe avant que le logiciel me le rappelle). Même si vous suivez le même chemin un peu plus tard, vous retrouverez le bâtiment à l’accent circonflexe mais ce ne sera plus jamais le même moment.

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09 février 2012

Renault au Maroc

Beaucoup d’indignation et de protestations suite à l’investissement de Renault au Maroc. Le groupe français inaugure en effet aujourd’hui une usine destinée à fabriquer des véhicules low-cost. « Low-cost », ça veut dire « bas de gamme » mais ça passe mieux. L’usine étant inaugurée aujourd’hui, on peut se dire qu’il était temps de s’indigner. Les voitures vendues à bas prix doivent avoir des coûts de production peu élevés. Les revenus en France sont trop hauts pour cela, ce qui est plutôt bien. Soit Renault renonce à les fabriquer, soit elle les produit dans un pays à plus bas revenus.

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08 février 2012

Indignation

Je n’arrive pas à être choqué par les propos de M. Guéant sur les civilisations qui « ne se valent pas ». J’ai l’indignation difficile. Il a prononcé ces paroles au cours d’une réunion organisée par un syndicat étudiant de droite. Si ces propos étaient si horribles que cela, pourquoi les médias les ont-ils repris jusqu’à plus soif ? Un peu comme ces enfants qui ont peur de la sorcière mais qui ne veulent surtout pas que lecteur saute la page dans laquelle elle est particulièrement terrifiante. Je suis en revanche choqué par le député apparenté socialiste qui a évoqué le nazisme à propos des paroles du Ministre de l’intérieur. Le nazisme a été une abomination sans précédent, l’utiliser sans vergogne pour des questions somme toute futiles ne peut que le banaliser, ne peut que faire oublier son atrocité. Je progresse peu : je défendais déjà cette position sur le forum EV il y a une dizaine d’années. Les civilisations ne se valent certes pas, mais je ne suis pas certain que la nôtre soit la meilleure.

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05 février 2012

La neige n'a pas tenu

Les Petits l’attendaient depuis plusieurs jours : ce matin, il neige, même si ce n’est que légèrement. Hier matin, le journaliste d’Europe 1 Dominique Souchier a annoncé sa démission en direct à la fin de son émission, sans en avoir parlé au préalable à sa direction. Celle-ci lui a interdit de recevoir des invités politiques le temps de la campagne présidentielle. Il n’a pas apprécié. L’intérêt de tout cela réside dans la circulation de l’information : il a été informé de l’interdiction par sms, il annonce sa démission à l’antenne, le PDG d’Europe 1 (Denis Olivennes) réagit sur Twitter, ainsi qu’un autre journaliste vedette Bruce Toussaint. Les médias traditionnels sont aussi utilisés mais seulement dans un deuxième temps. La neige n’a pas tenu.

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04 février 2012

La liberté malheureuse ?

Sur sa page de couverture, le Figaro Magazine (4 février 2012) pose une question essentielle : « Le net nous rend-il mégalo ? ». La question est précédée par « Génération moi.com ». Même Frédéric Beigbeder s’en prend à Facebook dans sa chronique littéraire, intitulée « la liberté malheureuse » et consacrée à « Enjoy », de Solange Bied-Chareton. Si les générations précédentes avaient disposé des outils leur permettant de s’afficher aux yeux de tous, elles n’auraient pas hésité. Aucun carcan moral n’aurait pu les en empêcher. Je pense de plus en plus que l’humain est resté le même. Seules les technologies changent, modifiant nos rapports avec l’espace et surtout avec le temps.     

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