Une nouvelle année commence, dans un enthousiasme que je trouve un peu factice. Les gens qui manifestent leur joie donnent l'impression de croire que le changement d'année va résoudre tous leurs problèmes, leur permettre d'atteindre tous leurs vœux, les rendre heureux, peut-être même. Il n'en sera rien. Ou alors, ils se réjouissent d'avoir franchi une nouvelle phase de leur existence dans un état pas encore trop déliquescent.

A propos de la mémoire et des souvenirs : « L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus ». J'ai noté le numéro de la page sur mon téléphone portable dans le train, pour ne pas l'oublier. Autre citation de ce très bon roman (« Une fille, qui danse ») de Julian Barnes : « Il me semble que cela peut être une des différences entre la jeunesse et la vieillesse : quand on est jeune, on invente différents avenirs pour soi-même ; quand on est vieux, on invente différents passés pour les autres ». Je ne dois pas être assez âgé pour partager la seconde partie de cette phrase. Je me demande plutôt si on ne s'invente pas différents passés pour soi-même.

Un extrait de la réponse du philosophe Jean-Claude Michéa à un dossier du Point (28 novembre 2013) le mettant en cause : « Faute de saisir cette dialectique permanente du libéralisme économique et du libéralisme culturel, le «néoconservateur à la française» (qu'il lise Valeurs actuelles ou écoute Eric Brunet) est donc semblable à ces adolescents qui sermonnent leur entourage sur la nécessité de préserver la planète mais qui laissent derrière eux toutes les lumières allumées (analyse qui vaut, bien sûr, pour tous ceux, à gauche, qui vénèrent le libéralisme culturel, tout en prétendant maudire ses fondements marchands). » Cette réponse publiée sous forme d'entretien, le 4 janvier 2004, confirme que le site Marianne.net est souvent de meilleure qualité que le magazine papier.

J'ai terminé hier soir la lecture d'  « Une fille, qui danse » de Julian Barnes. Le passé explose à la figure du narrateur et le laisse seul avec la vérité sur les conséquences d'une lettre rédigée quarante un plus tôt. Ce passé le poursuivra jusqu'à sa mort.

Dieudonné... L'interdiction de ses spectacles procure en moi un sentiment de malaise puisque sa principale conséquence est de le transformer en martyre de la liberté d'expression. Quant à l'intervention, réitérée et confirmée, de Manuel Valls, elle me semble plus lui faire de la publicité qu'autre chose. La justice n'est-elle pas là pour sanctionner ? A elle d'être implacable.

La quenelle constitue-t-elle un geste antisémite ? Oui lorsqu'elle est exécutée dans des lieux de mémoire ou des lieux évoquant la judéité ; non sans doute dans les autres cas. Elle ne justifie pas le renvoi d'élèves de leur lycée.

D'après un magazine people, le Président Hollande sortirait avec une actrice. Après la couverture du Nouvel Observateur qui confirme avec sa couverture (8 janvier 2014) consacrée à la haine qu'il n'est jamais en retard d'un amalgame, la presse semble toujours aussi rétive à l'idée de progresser.

La vie privée du Président vient concurrencer la quenelle. Avait-il besoin de proclamer pendant la campagne qu'il serait un président irréprochable ? Il sait pourtant que les journalistes sont à l’affût du moindre os à ronger. Dans quelle mesure un humoriste peut-il être antisémite ? Il ne faut pas se fier aux propos tenus pendant son spectacle puisqu'il prétend ainsi faire parler un personnage. En revanche, ses déclarations en dehors de la scène peuvent le démontrer. C'est le cas pour Dieudonné.

«Je fais savoir que j'ai mis fin à la vie commune que je partageais avec Valérie Trierweiler.» Une simple phrase et trois « je ». Était-ce vraiment indispensable de faire pire que Sarko ? J'avais un a priori favorable pour F.Hollande, a priori qui est en train de se transformer. Sans allusion sexuelle, cette rupture illustre l'erreur de tous ceux qui ont pris le Président pour un mou. Il sait ce qu'il veut et sait l'obtenir. Pouvait-il en être autrement pour un homme qui avait réussi à prendre la tête du Parti socialiste (c'est-à-dire sortir premier d'une sorte de panier de crabes) et qui avait tenu tête à un DSK (avant l'affaire) qui l'adjurait de renoncer à sa candidature à l'élection présidentielle ?

J'ai été abasourdi par les slogans antisémites entendus lors de la journée dite de la colère. En regardant la vidéo, j'avais l'impression de voir quelque chose qui ne pouvait exister, tout du moins en France.

La soit-disant théorie du genre affole certains parents, manipulés par des propagandistes qui ne voient en elle qu'une arme supplémentaire contre ce qu'ils appellent la dictature socialiste. Une machine à remonter le temps ne serait pas de trop pour montrer à certains la réalité du goulag. J'émettais un souhait semblable à l'encontre des apprentis résistants qui n'avaient de termes assez durs pour fustiger le fascisme de Sarko.