22 janvier 2017 :

Vendredi, j'ai regardé à la télévision l'investiture de Trump. J'ai aimé voir cette Amérique attachée à ses traditions et croyant à ses valeurs. J'ai aimé aussi la dignité d'Obama, pendant un moment forcément difficile. Je n'ai pas peur de Trump (j'aurais peut-être eu d'avantage peur de l'esprit de croisade pour le Bien d'Hillary Clinton) pour la simple raison que la constitution américaine ne laisse pas beaucoup de pouvoirs au Président. Je n'irai pas voter aux primaires de la gauche, pas plus que ne suis allé me prononcer pour les primaires précédentes, écologistes ou de droite. Je n'apprécie pas cette imitation de la vie politique américaine. En toute logique, Valls devrait se retrouver au second tour contre Montebourg ou Hamon, droite du PS contre gauche du PS pour simplifier. Et c'est la gauche du PS qui gagnera cette primaire. La gauche d'opposition est en effet plus sexie que la gauche de gouvernement. D'après les journalistes, Fillon connaîtrait un coup de mou depuis sa victoire aux primaires de la droite car il fait moins parler de lui. Voici le raisonnement des journalistes : nous parlons moins de Fillon nous journalistes, donc nous en concluons, nous journalistes, qu'il connaît des problèmes sous prétexte que nous parlons moins de lui.

23 janvier 2017 :

Les électeurs de gauche se sont comportés comme je le pressentais hier en écrivant que la primaire sera gagnée par la gauche du PS. Hamon devrait en effet l'emporter sur Valls, la gauche utopiste sur la gauche gouvernementale. Lors de l'élection présidentielle, presque rien ne différenciera Hamon et Mélenchon, ce qui fera le bonheur de Macron. Jamais une élection présidentielle n'aura été si indécise, si passionnante peut-être même.

 24 janvier 2017 :

Un parti socialiste incapable de compter les participants à la primaire qu'il organise, creusant ainsi un peu plus le trou dans lequel il s'enfonce. Je pense plus à de l'incompétence qu'à une tricherie, ce qui n'est pas glorieux mais plus moral. Je pense que Manuel Valls sait qu'il va perdre. Peut-être même qu'il en a conscience depuis même avant sa candidature. Il joue le jeu, on pourrait même dire qu'il se sacrifie. Il le fait parce qu'il pense qu'il doit le faire, et puis aussi pour se poser dans le futur.

 28 janvier 2017 :

 La primaire de la gauche (second tour demain) a été éclipsée par ce qu'il est convenu d'appeler le Pénélope Gate : François Fillon a fait travailler sa femme comme assistante parlementaire. La justice vérifie s'il ne s'agit pas d'un emploi fictif. A mon avis, la loi a été respectée mais cette affaire est désastreuse pour l'ancien Premier ministre qui avait fait de la probité son principal cheval de bataille. La journée de demain sera très certainement l'une des plus difficiles vécue par Manuel Valls. Il sera loyal dans sa défaite et soutiendra Benoît Hamon. Mais rien n'empêchera beaucoup de socialistes de faire le choix inverse et de rejoindre Emmanuel Macron. Ils penseront même que ce n'est que justice face à l'un des chefs de file des frondeurs.

31 janvier 2017 :

Le Canard Enchaîné fournit des précisions sur les sommes touchées par Pénélope Fillon et ses enfants comme conseillers parlementaires (plus un emploi à la Revue des deux mondes). L'effet est de plus en plus désastreux. J'aimais bien le côté rigoureux et réfléchi de François Fillon dont j'avais apprécié la victoire à la primaire de la droite. Je n'aime pas la vertu dégoulinante de moraline qui conduit à se transformer en meute mais ce qu'il a fait n'est pas bien, que ce soit légal ou non. Je n'aime pas non plus le côté « flic » de cette presse dont l'essentiel de l'investigation consiste à recevoir des fichiers informatiques. Certains commentateurs ont simulé la surprise après la large victoire de Benoît Hamon à la primaire de la gauche (ou alors ils ne connaissent pas leur métier). Les réactions de beaucoup de « réformateurs » du parti socialiste (la gauche gouvernementale pour simplifier) étaient également prévisibles : ils ne vont pas soutenir ceux qui n'ont eu de cesse de leur planter des couteaux dans le dos. Une sorte de retour de bâton…

1 février 2017 :

François Fillon dénonce « un coup d’État institutionnel » venu de la gauche. Pour reprendre le propos d'un de mes contacts Facebook, quel serait l'intérêt de la gauche de se passer d'un candidat comme Fillon dont les idées économiques très libérales forment un excellent repoussoir ? Le timing également pose question. Il aurait été plus efficace de dévoiler les informations pendant la primaire de la droite ou alors, encore mieux, juste avant le premier tour de l'élection présidentielle. La droite n'aurait eu alors pas le temps de remplacer Fillon. C'est d'ailleurs principalement pour cette raison que je n'ai jamais cru à un quelconque complot contre DSK. Il aurait été beaucoup plus efficace de le faire tomber juste avant l'élection présidentielle.

5 février 2017 :

Les réseaux sociaux fourmillent de bruissement de complots au sujet de François Fillon, que les médias auraient voulu abattre. Dans notre société sécularisée, Dieu a été remplacé par les médias. On ne comprend pas quelque-chose, on a la flemme de chercher une explication, on veut défendre l'indéfendable, quoi de plus simple que de désigner les médias, à la fois deux es machina et bouc émissaire ? Il faudrait déjà distinguer les différents médias : la presse écrite, la radio, la télévision (avec le cas particulier des chaînes d'informations continues) ou encore internet (avec là aussi un cas particulier, celui des réseaux sociaux). La presse écrite nationale n'a plus aucun pouvoir (la presse régionale en a peut-être davantage), contrairement à la radio et à la télévision, de par le nombre de personnes touchées et la force de l'image pour cette dernière. Ce que répète sans arrêt les chaînes de télévisions et les stations de radios finit pat convaincre beaucoup de monde. Mais peut-on pour autant parler de complot ?

6 février 2017 :

En réalité, qu'il y ait eu emplois fictifs ou détournement d'argent public, je m'en fiche. En revanche, je trouve passionnants ces parcours humains : Hollande qui renonce, Valls qui se sacrifie, Juppé qui se voit au sommet pendant 2 ans avant de tout perdre en un week-end, Juppé encore qui entrevoit la possibilité du sommet malgré sa défaite, et surtout Fillon qui, en tant que vainqueur de la primaire de la droite, était certain de se retrouver au second tour de la présidentielle, donc Président, et qui va annoncer ce qui sera peut-être la décision la plus difficile à prendre de toute son existence : poursuivre ou se retirer. J'ai écrit ces lignes avant la conférence de presse de François Fillon, qui a donc décidé de poursuivre.

13 février 2017 :

Seconde semaine des vacances, je tourne un peu au ralenti. Affaire Fillon, émeutes… La lecture des commentaires montre que chacun est dans son rôle, même moi en affirmant que chacun est dans son rôle. Pour chaque événement, il est possible de prévoir qui dira quoi. Un peu comme dans ces réunions de famille où le vieil oncle de droite rabâchera les même sempiternels arguments, imité en cela par le vieil oncle de gauche, dans une même symétrie qui aurait pu devenir touchante au fil des années si elle n'avait pas fini par épuiser le reste de la famille.

23 février 2017 :

Hier après-midi, alors que presque tout le monde pensait qu'il allait se présenter une nouvelle fois à l'élection présidentielle, François Bayrou a proposé une alliance à Emmanuel Macron. Beaucoup de commentaires (hommes politiques, journalistes, réseaux sociaux) ont un certain côté consternant : toute parole ou tout acte politique obéit forcément pour eux à des motifs de basse stratégie, des motifs inavouables. Pour eux, le monde politique est forcément petit, comme s'ils l'étaient eux-mêmes. Je suis certain que voir le mal partout est très fatigant.

27 février 2017 : (Facebook)

"Deux voitures se lancent l'une vers l'autre, prêtes à se rentrer dedans. Chaque joueur peut dévier et éviter la catastrophe (coopération) ou garder le cap au risque de la collision (défection)."

Wikipedia, à propos du jeu de la Poule mouillée.

On imagine bien Hamon et Mélenchon au volant des voitures, aucun ne voulant céder.

1 mars 2017 : (Facebook)

Si Valls avait gagné la primaire de la gauche, beaucoup de socialistes auraient voté pour Mélenchon. Comme Hamon a gagné, beaucoup de socialistes vont voter pour Macron. Les gens de droite qui ont voté à la primaire de la gauche pour éliminer Valls ont rendu un immense service à Macron. Ceux qui se sont réjouis de l'élimination de Valls ont en réalité applaudi l'ascension de Macron.

1 mars 2017 : (Facebook)

Je sais, ce n'est pas bien, ce n'est pas très moral, mais j'aime bien cette façon se se maintenir, envers et contre beaucoup.

1 mars 2017 : (Facebook)

C'est une impression ou on n'a jamais eu une campagne électorale aussi passionnante ?

2 mars 2017 :

Un peu comme Hollande avait fait dépendre sa candidature à un second mandat d'un retournement de la courbe du chômage, Fillon avait eu l'imprudence de dire qu'il ne se présenterait pas à l'élection présidentielle s'il était mis en examen. Il a annoncé hier dans une conférence de presse à la fois qu'il allait être mis en examen mais qu'il maintenait quand-même sa candidature. Son côté « j'ai raison contre tout le monde » me plait. Il a supporté Sarkozy pendant 5 ans, refusant même de démissionner quand le Président voulait le remplacer par Jean-Louis Borloo, il ne va tout de même pas céder à la pression de certains juges et de nombreux médias. Cette campagne électorale continue à être passionnante : Nous avons une grande incertitude, l'intervention de la justice, un Président qui a renoncé, des personnes certaines d'être élues qui ne le seront pas (ou qui le seront), un candidat en marche venu de (presque) nulle part, un frondeur qui découvre le boomerang... et tout ça en même temps.

2 mars 2017 : (Facebook)

J'ai une idée de statut non consensuel : François Fillon a raison de continuer. Il n'y a pas d'acharnement contre lui.

2 mars 2017 (Facebook) :

Les soeurs Hadid n'en finissent pas de marcher. Elles vont finir par rejoindre Macron.

2 mars (Facebook) :

Toute cette droite courageuse qui déserte, c'est aussi drôle que le boomerang frondeur.