Sidération, l'impossible est arrivé. S'ajoutent ensuite la tristesse et l'accablement. Le silence prime sur les mots. Pendant quelques heures, ne pas s'exprimer est une obligation, celle de respecter la peine et la douleur.

Cette obligation est difficile. Les réseaux sociaux et autres flux d'informations continues sont devenues de véritables cafés du commerce qui poussent chacun à mêler sa voix à celle des autres.

Réagir à chaud conduit soit à jouer au « je vous l'avais bien dit », soit à oublier l'essentiel, soit à voir de l'islamophobie partout.

Le « je vous l'avais bien dit » est souvent accompagné du « padamalgame », raccourci caricaturant ceux qui, peut-être naïfs mais sans doute de bonne volonté, ne cessent de répéter que l'Islam, ce n'est pas cela.

Mais cette insistance devient vite lourde, comme si chaque Français, forcément mauvais, voyait un tueur derrière chaque musulman. On en oublie alors l'essentiel : des individus ont été massacrés, par des tueurs utilisant des armes de guerre, à cause de dessins, ou parce qu'ils étaient policiers, ou parce qu'ils étaient juifs, ou enfin parce qu'ils étaient au mauvais endroit au mauvais moment.

L'islamophobie existe sans doute, comme la cathophobie, mais il ne faut ni la voir partout, ni la mettre au même niveau que les massacres. Elle constitue une accusation - nous en sommes désormais certain - qui peut tuer.

Nous avons un ennemi, l'Islam radical. Nos soldats, qui tombent dans une indifférence souvent assourdissante, le savent.