Je n’ai pas encore assez de lecteurs pour avoir des réponses aux questions posées dans ma dernière entrée. Qu’à cela ne tienne (ou tant pis, plus lapidaire). Je feuillette la dernière livraison du Magazine littéraire, mars 2010, et son dossier consacré à Dostoïevski. Ce numéro est très russe puisqu’il nous offre une nouvelle inédite de Nabokov (inédite en français), une critique de deux romans de Vladimir Sokorine et un texte d’Hédi Kaddour sur Tolstoï. Joseph Macé-Scaron, dans son éditorial, cite George Steiner : sans les écrivains russes, « on peinerait à lire le répertoire de nos sentiments et de notre commune humanité ».

Le printemps sera grand : parution de Lectures. Chroniques du   New Yorker (Steiner, chez Gallimard), de  Nouvelles complètes et de L’original de Laura (Nabokov, également chez Gallimard). Les Nouvelles complètes contiennent   deux nouvelles inédites en français.  L’original de Laura est le roman inachevé qui aurait dû être brûlé si Dmitri Nabokov avait respecté la volonté de son père. Nabokov, que l’on écouta finalement assez peu, s’était aussi opposé à la publication des conférences qu’il donna aux Etats-Unis lorsqu’il enseigna la littérature européenne. Elles ont paru en France entre 1985 et 1992 et viennent d’être rééditées dans une de mes collections préférées (c’est parce que j’aime beaucoup les gros livres, ce qui constitue mon principal sujet de désaccord avec Amélie Nothomb) sous le titre Littératures, chez Robert Laffont, collection « Bouquins ». J’ai failli acheter cet ouvrage en milieu de semaine mais j’ai préféré C’est encore moi qui vous écris   (1968-2008) de Marie Billetdoux.